Dépression et schémas cognitifs

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Résumé
« Cette recherche étudie les corrélations entre schémas de pensée et intensité de dépression, sur une population de 80 participants typiques de 15 à 82 ans. Ayant fait passer les questionnaires de Young et de Beck à l’échantillon, nous avons trouvé des corrélations significatives moyennes à fortes pour tous les schémas, en particulier ceux ayant trait à l’isolement social, l’imperfection, l’échec, la dépendance et incompétence. Nos résultats ne permettent cependant pas d’établir le sens de la causalité entre les schémas et la dépression. Pour l’établir de façon précise, il serait intéressant d’observer en détail les évolutions de ces liens au cours du temps. A partir de ces résultats, il serait envisageable de concevoir des méthodes de prévention de la dépression. »

Plus de détails:
qu’est ce qu’un schéma?
Schéma : ensemble structuré de connaissances abstraites représentant une donnée particulière d’objets ou d’évènements avec des traits caractéristiques, des attributs et des liens entre ses attributs.

les schémas étudiés :
carence affective, échec, sacrifice de soi, abandon, dépendance et incompétence, contrôle émotionnel à outrance, abus, méfiance vulnérabilité, exigences élevées, isolement social, relation fusionnelle, tout m’est dû, imperfection, assujettissement, manque d’autocontrôle

La dépression est due à différent type de facteurs. Il y a les facteurs biologiques : perturbation du fonctionnement cérébral qui entraîne des anomalies dans la fabrication des neurotransmetteurs, le rétablissement de ces neurotransmetteurs grâce aux antidépresseurs et la psychothérapie, sont indispensable au rétablissement du patient.
Les facteurs environnementaux : il existe des effets protecteurs et déclencheurs dans l’environnement, il peut s’agit de changements ou de relations à l’entourage, de problèmes socioprofessionnels, de décès et autre évènement pouvant être traumatique (Briffault, 2007)

Différents processus entrent en compte dans les comportements dépressifs, et ont étés étudiés par différents chercheurs dont nous allons présenter les points de vue explicatifs.
Outre les heuristiques de disponibilité le fait d’expliquer quelque chose par ce qui vient plus facilement à l’esprit), de représentativité (qui sont plus stéréotypiques) et d’ancrage (acquis et renforcés au cour du temps par l’éducation, l’expérience etc), le déprimé perçoit le monde à travers des distorsions cognitives (de la pensée). Il fait souvent appel à l’inférence arbitraire (tirer des conclusions hâtives), abstraction sélective (il ne retient que les aspects négatifs, même si ceux ci ne sont que des détails dans un contexte globalement positif). La surgénéralisation de ces aspects négatifs ponctuels à la globalité des situations quotidiennes se traduit dans le monologue intérieur (on pense sous forme de mots), qui prend la forme d’une autoverbalisation dépréciatrice, se focalisant sur des détails négatifs de façon involontaire et automatiquement réitérée (on se répète en boucle : t’es nul t’es nul, t’es nul… (ou autre) sans être capables de s’arrêter. Le déprimé s’attribue la responsabilité de tout ce qui ne va as, et considère que ce qui va est du à un coup de chance exceptionnel.

Petite partie supplémentaire, enlevée dans notre rapport dans un souci de respecter le nombre de pages autorisées, parce que la moins en rapport avec notre recherche, mais néanmoins intéressante:
Parlant de behaviorisme, il est possible de conditionner un chien à être déprimé. Pour cela, on le place dans une cage métallique et on lui administre un choc électrique chaque fois qu’il entend une cloche sonner par exemple. Dans un cas, on laisse un endroit dans la cage ou il est a l’abri, et le chien y va dès qu’il entend sonner la cloche pour éviter le choc, dans l’autre on ne lui en laisse pas. Le chien qui ne sera pas capable de se mettre à l’abri, ne cherchera plus à se mettre à l’abri, même si on le change de cage et qu’il en a la possibilité. De la même façon, le dépressif semble conditionné à se sentir incapable de changer quoi que ce soit à sa situation, à force de résultats négatifs ou d’absences trop fréquentes de résultats positifs à ses actions.

On a donc voulu savoir si les schéma étaient plus activés chez les dépressifs que chez ceux qui ne le sont pas.

(je passe sur la partie méthode et stats, pour le dossier complet, me contacter)

« Après avoir analysé nos résultats, on a pu constater que plus on est dépressif, plus les scores obtenus à tous les schémas sont élevés. On note les plus fortes corrélations entre la dépression et l’activation des schémas se rapportant aux items « isolement social », « imperfection », « échec » et « dépendance et incompétence ». La corrélation est forte pour ce qui est des schémas concernant l’abandon, l’abus et la méfiance, l’assujettissement, le contrôle émotionnel à outrance. Bien que moins forte, les autres schémas de pensée sont corrélés avec l’état dépressif ; il s’agit de ceux correspondant à la carence affective, la vulnérabilité, la relation fusionnelle, le sacrifice de soi, les exigences élevées, le « tout m’est du », et le manque d’autocontrôle. »

Ce que notre étude ne montre pas, c’est dans quel sens cette relation de causalité se développe. la dépression entraine l’activation des schémas de pensée ou le contraire? sans savoir cela, difficile d’avancer, c’est donc la proposition que nous faisons pour conclure notre dossier. En outre, connaitre une telle relation de causalité (et là, je pars dans mon trip), serait d’envisager la création de jeux vidéos capables de prévenir l’apparition de la dépression, de la même façon qu’il en existe pour améliorer l’estime de soi. (voir http://selfesteemgames.mcgill.ca)

pour en savoir plus:
Blackburn, I.M. Cottreaux, J. (1988) Thérapie cognitive de la dépression. Paris : Masson, 2ème ed.
Briffault, X. Caria, A. Finkelstein, C. Herique, A. Nuss, P. et al. (2007) La depression en savoir plus pour s’en sortir. Neuilly-sur-Seine : Fabrègue.
Rusinek, S. (2006) Soigner les schémas de pensée : une approche de la restructuration cognitive Paris, France : Dunod.

Etude réalisée par : C.Laros, B.Jourda et A.Cormier, L2, UTM

1 Comment

  1. Anonymous Reply

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