Theorie de Treissman

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35 théorie de Treissman (Anne) (80-90)

Elle explique l’intégration par des médiateurs (l’attention)

L’étape sensorielle : on extrait les primitives visuelles (ou traits) (couleur, orientation, taille, distance etc.) qui vont être traités par des groupes de neurones spécifiques.

L’étape structurale consiste en l’intégration et la remise en commun grâce à l’attention de ces traits.

Sur une tâche de reconnaissance de cibles, on peut chercher par exemple une croix bleue parmi des ronds et croix noirs. Il s’agit alors d’une recherche disjonctive, qui se fait sur une seule primitive. Dans ce cas le nombre d’éléments n’a pas d’influence sur les résultats, face à un effet « pop out »

Dans le cas d’une recherche conjonctive, deux primitives distinguent la cible des distracteurs. Par exemple, on cherche une croix bleue, parmi des croix noires et ronds noirs ou bleus. Selon le nombre de distracteurs, le temps qu’il faut pour trouver la cible augmente, le temps de recherche est plus long.

La méthode de recherche dans ce cas se fait en deux étapes : enregistrer d’abord la présence des traits qui composent le stimulus par un processus pré attentionnel automatique, (ce qui suffit dans les situations disjonctives). Puis, combiner des traits, ce qui exige l’attention, et constitue un traitement sériel.

Arguments expérimentaux

* Par exemple, une tâche consiste à détecter des T parmi des I et des Y ou détecter des I parmi I et des Z. Détecter les t parmi les y est plus facile, il s’agit de repérer la barre horizontale, il s’agit d’un traitement disjonctif. Dans le second cas, le traitement se fait sur les barres horizontales et verticales, qui est donc un traitement conjonctif.

* Conjonction illusoire et appariement de traits (Treissman et Souter 1986)

On présente quatre mots et on demande au sujet si elle a reconnu un mot cible parmi eux. Dans le premier cas, le mot cible est BUT et les mots présentés sont BUL BUC BUR et BUW. Dans la seconde condition, le mot cible est DAY et les mots présentés sont KAY DAX TAY DAR. On note beaucoup plus d’erreurs dans le second cas que dans le premier. En quoi le modèle de Treissman permet-il d’expliquer cela ?

Selon le modèle de Treissman, on décompose en caractéristiques élémentaires l’objet puis on le recompose. Comme il s’agit d’une situation ambiguë, on note ici une erreur dans la recomposition du mot DAY, dont tous les éléments sont présents dans les mots cibles, mais qui ne sont pas assemblés pour former le mot cible.

Décomposition recomposition des composantes perceptives

Cette théorie combine les deux approches. Les informations enregistrées à l’étape sensorielle vont subir une décomposition en unités élémentaires (aussi appelées primitives ou traits) puis une recomposition en différentes configurations. Ce processus est nommé « appariement de traits ».

Kinsey, Macetta, et Showman donnent à leurs sujets une tâche d’identification de lettres d’après une diapositive. Après une présentation brève de la lettre G, ils observent les différentes réponses données : G:29 ; C:21 ; O:6 ; B:1 ; Q:1. La lettre G partage des primitives avec les autres lettres citées: 3 primitives en commun avec la lettre C, 3 avec la lettre O, 4 avec la lettre B, 2 avec le chiffre 9, 0 avec la lettre W. Ceci dans une police d’écriture particulière à l’aspect relativement angulaire. Les résultats et nombres de traits communs varient en fonction de la police utilisée.

Plus deux objets partagent de primitives communes, moins ils seront discernables l’un de l’autre.

On observe la facilité à discerner deux lettres en proposant une tâche qui consiste à repérer une lettre cible parmi une grille complétée d’une ou deux autres lettres. Le temps pris pour trouver la cible indique la difficulté.

En cours, nous avons effectué l’expérience suivante. Nous avons relevé le temps mis à repérer la lettre F dans une grille de S, ou dans une grille de E. Pour chaque modalité, nous avons testé deux configurations de grille, la première avec la cible dans la partie haute de la grille, l’autre avec la lettre cible dans la partie basse, pour éviter des biais liés à cette même position. Nous avons passé la grille dans laquelle il fallait repérer des F dans la grille de S pour éviter un phénomène d’apprentissage, étant donné que cette première configuration ne nécessite pas la mise en place de stratégies particulières qui pourraient être mises en place pour la seconde.

Pour chaque grille nous avons eu les résultats moyens suivants:

Distracteurs S, grille 1 : 2.5sec

Distracteurs S, grille 2 : 2.3sec

Distracteurs E, grille 1 : 13.3sec

Distracteurs E, grille 2 : 17.3sec

En moyenne, repérer la cible F parmi les S a pris 2.43 secondes, contre 15.45 secondes pour repérer les F parmi les E.

Plus la lettre partage de traits communs, plus elle est difficile à repérer.

Les F parmi les E ou F parmi les Sont les deux modalités de a VI; la VD générale est le temps de détection.

Pour toutes les lettres on a contrôle le nombre de traits présents, qui se montent à 7 différents traits par couple. En effet, F comporte 5 traits, S 2 traits et E 6 traits. F et S n’ont aucun trait commun, donc 7 traits différents sont présents au total dans la tâche. Dans le cas de F et E, ils ont 4 traits communs, donc 11-4=7 aussi. Les traits sont disponibles dans le tableau.

Le nombre de traits est donc une variable contrôlée.

La position de la lettre dans le bloc est aussi une variable contrôlée, elle est présentée en début et fin de bloc dans les deux cas.

L’ordre de passation des blocs part de l’exercice le plus facile vers le plus compliqué, faire le contraire entraînerait une amplification de la détection des F parmi les S par effet d’entraînement, le sujet ayant tendance à trouver des stratégies pour chercher plus facilement les F parmi les E.

L’expérience de Neisser est une expérience semblable, dans laquelle il faut trouver un Z parmi des V, W ou X.ou, Q, D, O, G, R

La longueur de la liste n’influence pas le temps de recherche, étant donné que la position dans le bloc de la cible n’influe pas sur sa localisation. Le nombre de cibles n’influe pas non plus sur le temps de recherche.

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Rôle de l’attention dans l’intégration des primitives, modèle de Treissman

L’attention dépend de la concentration du sujet sur la tâche donnée. Autrement dit, qu’il sélectionne l’information ayant un rapport avec la tâche et exclue les autres informations qui viendraient la parasiter.

On distingue attention sélective et partagée. Dans le premier cas, on ignore une partie des informations perçues pour se focaliser sur une seule tâche. Les autres perceptions sont considérées comme des interférences, du bruit, des distracteurs qui peuvent être provenir de l’extérieur ou de soi même, par exemple, sous forme de pensée interne. Dans le second cas, il s’agit de répartir équitablement les ressources cognitives entre deux tâches ou plus.

L’attention partagée cependant est surtout efficace lorsque l’une des tâches peut être faite de façon quasi automatique et connaît des limites. Elle connaît nombre de ratés.

Quelques exemples tirés de l’ergonomie.

En 76, deux avions rentrent en collision , le contrôleur aérien surveillait 11 avions seul. Dans une centrale nucléaire en Pennsylvanie, un incident aurait pu être évité mais trop d’information devait être traitée par un nombre réduit de personnes. En conséquence l’information vitale n’a pas été analysée et on n’a par conséquence pas pu réagir de façon appropriée pour régler le problème au mieux.

Pour Treissman, il existe quatre primitives visuelles : la couleur, le trait, l’orientation et la distance.

Elle met en évidence le rôle de l’attention sélective durant le traitement scène nécessitant une combinaison d’attention sélective et partagée, en ce sens que les informations concernant chaque primitive sont traitées successivement, en série, mais les primitives sont traitée en parallèle. Dans le cas où il faut traiter des informations de façon contrôlées, le traitement est plus coûteux en ressources et long.

L’étude de Treissman et Gelade de 1980 dans laquelle il fallait distinguer une croix bleue parmi des distracteurs illustre parfaitement le phénomène. S’il s’agit de repérer la croix bleue parmi des croix et ronds noirs, une seule primitive diffère et on a un effet pop out permettant d’identifier facilement la cible. Dans le cas où la cible est placé parmi des ronds et crois noires mais aussi des ronds bleus, il faut effectuer un traitement sériel, d’abord la couler puis la forme par exemple: traiter deux primitives différentes est plus long et plus coûteux en ressources et se traduit par n temps de recherche plus long.

Un peu de méthode : la VI est le nombre de primitives différent entre les cibles et les distracteurs. La VD est le temps de détection. Un autre VI entre aussi en ligne de compte : le nombre de distracteurs. Celui ci a une influence sur le temps de recherche uniquement lorsqu’il y a plusieurs primitives, dans le premier cas, il n’influe pas sur les résultats. Il n’y a donc interaction que dans le premier cas.

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