Théorisation de l’esprit

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De 3 à 6 ans

III Les connaissances sur autrui

1 : Caractéristiques de la théorie de l’esprit

Les travaux réalisés après Piaget montrent une meilleure connaissance des autres chez les jeunes enfants que celle décrite par piaget.

Dès 2 à 3 ans, ils adaptent leur discours et jeu à leur interlocuteur selon leur âge, la présence chez eu d’un handicap. Vers 4/5ans, ils comprennent que d’autres peuvent na pas penser comme eux, et qu’ils peuvent avoir un processus de raisonnement différent d leur. C’est ce qu’on appelle les théories de l’esprit. Vers 5 ans, l’enfant est capable d’accorder à autrui des états mentaux différents du sien comment en ce qui concerne les croyances et leurs effets sur la conduite.

Cette approche explora la conception de l’enfant relative aux composantes fondamentales de l’esprit telle que les croyances et désirs. Ceci n’est pas directement observable (Flavel, 2000).

Bibliographie :

Melot (1999) Comment l’esprit vient aux enfants, enfance, 3.

Thommen Evelyne (2001) L’enfant face à autrui ; paris : A Colin.

Thommen E. (2005) l’enfant et les connaissances sur autrui. Paris : Belin

Premack : do chimpanzees have a theory of mind

« Un individu a une théorie de l’esprit s’il attribue à lui-même et à autrui des états d’esprit ». il s’agit d’un système d’inférences utilisé pour faire des prédictions à propos du comportement d’autrui.

L’expérience sur les singes qu’il présente consiste en compléter un film par une image qui correspond à l’action du film. La question étant, cela témoigne t il d’une compréhension de l’intention d’autrui ou une prédiction du comportement humain sans se le représenter.

Ces travaux se centrent sur la connaissance de l’enfant sur le monde mental (que signifie se souvenir, oublier etc.). Il s’agit d’une étude de la compréhension de ce qu’est une croyance et comment elle affecte celui qui l’énonce, quel âge. L’étude porte sur le système mental dans sa globalité plutôt que des connaissances sur la métacognition prise isolément.

2 : Evolution des connaissances sur autrui

A- Avant 4 ans

Définitions de philosophes

Flavel (92)

Bébé naît avec des habiletés permettant de comprendre le monde des autres (reconnaissance de visages humains, préférence pour les voir humaines, de mouvements etc.) Il a des réponses différentes face à des objets et des humains, bébé voit les autres comme des agents accommodants (agissant, autonomes et influençables à distance).

Au cours de la première année, il comprend que les comportements d’autrui sont intentionnels. Les comportements intentionnels concerne l’objet dans le sens ou l’individu lui prête attention, le nomment le pense, le désire, le craint, essaie de l’attraper, l’utilise de différente manières.

(Engel 1994 p21)

Le critère du mental le plus fréquemment adopté est celui de l’intentionnalité des états mentaux c’est-à-dire de leur propriété de porter sur ou d’être à propos de, certains objets, propriétés ou relations.

On dit souvent que l’attention conjointe est le précurseur de la théorie de l’esprit. L’attention conjointe se développe en trois séquences. (Carpenter, Nasell, Tomasello 98)

1/bébé est capable de partager son attention entre un objet et le comportement d’autrui

2/bébé arrive à suivre l’attention et le comportement d’autrui

3/bébé dirige l’attention et le comportement d’autrui vers ce qui l’intéresse

Les travaux de Meltzoff en 95 montrent que dès 18 mois, les enfants savent que les actions sont intentionnelles et font la différence avec les objets (idée de but)

Dès 2/3 ans ils comprennent et peuvent prendre une perspective visuelle non égocentrique (l’apparence visuelle de l’objet dépend de sa position par rapport à l’observateur)

Vers ¾ ans, il saisit les relations causales entre désir, résultat, émotion et action.

Vers 4/5 ans, ils comprennent que les individus peuvent ressentir des émotions différentes de ce qu’ils laissent paraître.

Ces habiletés relèvent de la théorie de l’esprit, mais des difficultés subsistent pour l’enfant, notamment pour décrire son propre état mental, celui des autres et l’impact de la croyance vraie ou fausse.

B- Après 4 ans

Alors qu’a trois ans, l’enfant échoue à toute tâche classique de fausses croyances, les réponses correctes apparaissent vers 4/5 ans, ce qui constitue un saut qualitatif.

Les dites expériences types concernent généralement Sally et Sam ou Max et sa maman. On raconte à l’enfant une histoire type illustrée par ces personnages (dessins, poupées etc.) au cours de laquelle l’un des deux personnages va changer un objet de place en l’absence de l’autre. On demande ensuite à l’enfant où le personnage qui revient va aller chercher l’objet déplacé.

Evelyne Thommen préconise de parler de théorisation de l’esprit, étant donné que tout n’est pas acquis à 5 ans et que certains aspects restent fragile.

3 : Théorie de l’esprit : aspects différentiels

Différences intra culturelles

Les enfants se trouvant fréquemment dans des situations d’interaction social, au sein de la famille, ou par exemple ayant des frères et sœurs ont des performances plus élevées que dans les familles ou les enfants évoluent plus seuls, comme pour les enfants uniques. Ceci montre l’importance de l’expérience socio communicative dan le développement de la théorie de l’esprit.

Différences interculturelles.

Il y a peu de travaux, mais les travaux comparant les enfants chinois et américains ou japonais et américains ne montrent pas de différence significative concernant une tâche différenciant apparence et réalité.

De même les travaux sur les Bakas (chasseurs illettrés) et des enfants des régions industrialisées ne montrent pas de différence significatives au cours de tâches de compréhension sur les croyances erronées (boite à gâteau contenant des crayons).

4 : Distinction entre apparence et réalité

On présente à l’enfant une voiture de couleur rouge. On tient entre l’enfant et la voiture une feuille verte transparente et on explique bien à l’enfant que la couleur de la voiture ne change pas ainsi. On demande alors à l’enfant la couleur de la voiture. Malgré les efforts pour simplifier la tache, la réponse de l’enfant est noire s’il est plus jeune. On peut faire la même expérience avec des pierres qui ressemblent à des éponges et en demandant à l’enfant ce dont il s’agit.

commentaire personnel hors cours : ce sujet donne à réfléchir sur les processus vraiment en jeu dans ces expérience,s en particulier, je doute personnellement de la validité d’une expérience avec la voiture, qui pourrait sinon relever de la problématique des conservations, relever des acquisitions de l’enfant dans ce domaine. Même si l’on ne manipule pas directement la voiture, la capacité à savoir qu’elle est toujours rouge même avec un filtre vert devant peut relever de la présence ou absence de la capacité à inverser l’opération (retirer mentalement le filtre).

Se référer aux écrits de Mounoud sur la prise de perspective.

La distinction entre apparence et réalité met en jeu les élément de développement plus généraux : celui de la prise de conscience de son esprit et de celui des autres c’est-à-dire le développement de la métacognition.

La métacognition est un domaine de connaissance particulier à propos de notre façon de penser ; processus et stratégies de régulation de la cognition (Doron parot, 1998 Dictionnaire de psychologie) ; autrement dit la capacité à pouvoir en parler.

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