Contrat de communication

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32 contrat de communication et dynamique interlocutoire

La communication n’est pas désocialisée comme veut le laisser croire l’Internet, il ne fait pas en faire une arme idéologique (c’est le prof qui parle).

1 les enjeux de la communication.

Chaque communication vient avec des risques et bénéfices attendus. La communication consiste à rentrer dans un rapport de places qui va structurer la communication. Il faut d’abord obtenir le droit à la parole. il s’agit d’une affaire de pouvoir, il ne suffit pas d’inviter quelqu’un sur un plateau télé pour lui faire une fleur; il ne suffit pas de faire parler quelqu’un pour qu’il parle :p le contrat de communication est l’analyse des bénéfices escomptés et des risques.

Pourquoi les deux individus s’investissent ils dans cette communication, qu’en attendent ils? Sans doute, ces risques et bénéfices sont inégaux pour l’un et pour l’autre. Il y a le risque de perdre la face qui s’oppose à la quête de reconnaissance sociale, par exemple. les rituels de communication sont là pour limiter les risques (faire bonne figure). L’enjeu de la communication peut être d’être validé dans son besoin de reconnaissance, de considération, de valorisation, d’intégration, d’individuation etc. Il existe deux stratégies par rapport à ces risques: certains se mettent en avant, prennent beaucoup de risques pour tenter de briller, alors que d’autres restent plutôt en retrait pour se fondre dans la masse, le groupe. dans toute communication, on est exposé au risque de e faire influencer par l’autre, en particulier quand ce groupe est majoritaire, mais aussi la possibilité d’exercer un certain pouvoir sur l’autre. Le risque peut être affectif, peut de ne pas être aimé par rapport à la construction d’affinités et de valorisation mutuelle. Lorsque ces deux moyens sont utilisés ensemble, on peut se retrouver face à une communication violente de type harcèlement (au travail). Risque de dialogue des sourds, de monologue croisé contrebalance la motivation de coconstruire avec autrui une référence commune, même minimale, qui permet la communication.

L’existence de ces enjeux montre que la communication est un acte souvent violent qui impose le droit à la parole. Les interlocuteurs on besoin de repères: les enjeux, le cadre de cette communication. L’incertitude trop grande cause un réserve des individus, l’inhibition augmente lorsqu’il n’y a pas de repères clairs, et le contrat de communication est là pour remplir cette fonction.

Rodolphe Ghiglione définit le contrat de communication comme l’ensemble des savoirs partagés par l’interlocuteur sur les enjeux et objectifs de leur dialogue. L’ensemble de ces savoirs suppose qu’on clarifie (par opposition au caractère implicite, flou possible au départ) quatre points importants.

La finalité des échanges (Quel est le but de cette conversation ?)

L’identité des partenaires (Qui parle à qui ?)

Le propos (Parler de quoi ?)

Le dispositif (Parler dans quel cadre ? Quelles sont les règles du jeu ?)

Toute ambiguïté au niveau du contrat de communication liant un interviewer et un interviewé va se retrouver dans le matériau, le discours enregistré (par le chercheur ou l’intervieweur). Pour que ce cadre soit posé, ses enjeux doivent être un minimum maîtrisé par les deux partenaires. Dans le cadre d’une recherche par exemple, il est important de savoir quel en est l’objet, qui la mène, pourquoi on choisit cette personne en particulier comme sujet, qu’attend on d’elle ? Sinon, elle va mettre en avant ce qu’il maîtrise le mieux (travail, petits enfants, etc.)

Par exemple on pourra présenter une recherche de cette façon : Il s’agit d’une recherche menée dans le cadre de telle organisation, pour telles raisons, et par le canal de tel et tel intermédiaire que je prend contact avec vous, pour solliciter un entretient d’une durée alpha à tel endroit, et pour lequel je ne vous poserai pas de questions précise, afin de connaître votre expérience de tel ou tel domaine.

Communiquer dans ce cadre, c’est signer un contrat (informel) de reconnaissance de ces termes, ces caractéristiques qui définissent la situation permet de ne pas confondre le vrai journal d’un faux journal, un discours politique d’un slogan publicitaire ou d’un speech humoristique, une dispute publique d’une scène conjugale…

Poser les enjeux dans un cadre permet aussi de faire évoluer ces enjeux. En effet, le contrat de communication peut être renégocié et renégociable.

[bulle]vous ne me demandez pas si j’ai de la fièvre ? Vous avez de la fièvre ? Non docteur, absolument pas ![/bulle]

321 L’altérité

[bulle] Bonjour Bonjour ça va oui tu me demande pas comment ça va ? Non pourquoi ? Ça ne m’intéresse pas. [/bulle]

C’est se reconnaître des compétences, les uns les autres, semblables, mais aussi différentes dans la situation, qui vont aussi servir à pouvoir se légitimer dans la communication.

322 Le principe de pertinence

C’est répondre à la question je suis là pour parler de quoi ?

[bulle] Votre bandage pneumatique de roue constitué d’une carcasse en textile et fils d’acier recouverte de caoutchouc a éclaté sous l’effet d’une tension excessive [/bulle]

Sans référence commune permettant la communication, on fait appel à des stéréotypes, des stigmates : on ne peut pas exprimer (autrement) cette différence, pour se considérer comme des interlocuteurs potentiels, il faut un minimum de références communes. (par exemple, ne pas parler la même langue, avoir des expressions différentes : J’ai quitté mon boulot, c’était le dernier brin de paille sur le dos du chameau! Vous comprendrez sûrement, mais mettrez plus de temps que si l’on vous disait, c’était la goutte d’eau qui fait déborder le vase ! – il s’agit ici d’une expression traduite littéralement de l’anglais)

323 Principe d’influence

[bulle]je lui ai dit que l’amour donne des ailes et alors ? il a sauté[/bulle]

Comment parler ? Comment convaincre, faire réagir, orienter la pensée, séduire, émouvoir?

324 Question de régulation

Comment faire à distance pour que l’échange puise se poursuivre ? on peut faire appel à des reformulations, des questions, des stratégies de gestion de tour de parole, des preuves d’acceptation de la parole d’autrui, la valorisation du partenaire. Une coopération minimale est requise pour reconnaître l’intension de celui qui parle, son désir de produire un effet.

La renégociation du contrat initial de communication nécessite de penser la communication comme la co-construction d’une référence. Communiquer n’est pas reproduire la réalité, mais la créer, la construire dans l’échange. « L’homme communicant est co-constructeur de la réalité et non son miroir réfléchissant » (du livre l’homme communicant de ???) Dans l’interlocution, les partenaires vont devoir négocier, se mettre d’accord sur un monde commun de références (possibles) qui permettra cette communication. Ils co-construisent cette référence. Par exemple, la crise du cpe a rapproché étudiants et salariés qui se sont retrouvés autour de la défense d’un CDI, contre la précarité professionnelle.

Pour conclure, avec ce type d’approche on s’est éloigné de la vision techniciste ou interactionniste de la communication. On ne parle plus d’interactants, mais d’interlocuteurs (personnes avec qui ont peut entamer une discussion), et elle acquiert une dimension universelle, mais aussi conflictuelle.

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