Démarche clinique en psychiatrie

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III démarche clinique en psychiatrie

1 histoire de la folie

A ses débuts, la psychiatrie essayait de se conformer au modèle médical. Avant cela, la folie n’était pas traitée du tout, marginalisée, condamnée au mieux par le bûcher car considérée comme une possession. Sa médicalisation commence, elle est observée, classée, catégorisée, reconnue selon l’idée de base que les troubles mentaux sont basées ç un niveau organique.

La démarche clinique en psychiatrie est définie par Pinel (fondateur de la discipline en France) comme la science des faits observés à laquelle il ne faut mêler ni idéologie no divagation métaphysique. Sa définition souligne deux points importants : la nécessité d’observer le malade et ce indépendamment de tout préjugé, sans à priori, mais opter à la place pour une démarche empirique. D’autre part, il souligne la nécessité de procéder à un examen du patient et d’apprendre au fur et à mesure de ce patient là, sans pour autant se passer de sa propre connaissance). Ceci introduit l’examen du patient au cas par cas, donne de l’importance à sa parole. Pinel préconise de visiter le patient chaque jour, dans une présence la plus rapprochée possible afin de l’observer minutieusement et rigoureusement.

Cette démarche suppose une investigation auprès du patient (par l’interrogation). Elle constitue une clinique du regard mais aussi une clinique de la parole. La santé et la maladie n’ont plus rien à voir avec des connaissances religieuses mais sont prises comme tout à fait naturelles. Sur un versant il utilise l’observation, le regard, pour arriver à une description formelle des troubles, et sur l’autre il va accorder une certaine importance au particulier et à la parole. Par leur aspect, il se détache du modèle anatomoclinique mais le préjugé organiciste reste très présent. Le trouble mental est une catégorie de trouble organique.

2 limites

Le repérage du symptôme, c’est-à-dire la différenciation entre normal et pathologique est difficile. Dans une maladie physique, le symptôme est apparent, il n’y a pas d’ambiguïté entre le normal et le pathologique. Cette distinction n’est pas aussi simple. Par exemple, l’agoraphobie, est ce normal ou pathologique, à partir de quand cela devient il pathologique. A partir du moment où le patient en souffre ?

La valeur sémiologique des symptômes comme signe permanent de diagnostic pose aussi problème. Si on peut attribuer la même valeur discriminante à un signe, celui-ci doit appartenir à la même maladie. Ceci marche pour la maladie somatique, le nez bouché renvoyant à un rhume ou autre, mais dans le cas d’une phobie, cela peut renvoyer à une infinité des choses.

Enfin, la valeur de message du symptôme dans le cadre de la maladie mentale n’est pas prise en compte ici. Les symptômes varient en fonction du contexte dans lequel il se manifeste et en fonction de l’interlocuteur qui reçoit le patient. Chaque professionnel a un point de vue différent selon le référentiel théorique choisi.

La clinique en psychiatrie se fonde toujours sur la clinique médicale de nos jour. A partir des années 80s, la psychologie américaine a proposé une classification des maladies mentales, le DSM (bouquin) pour « diagnostic statistic manual ». Il en est actuellement à sa 4eme version, c’est-à-dire DSM4. L’OMS a aussi proposé un système de classification intitulé classification internationale des maladies (ou CIM10) qui en est comme son nom l’indique à sa 10eme révision. Issus de la recherche, ces référents proposent un discours commun autour des maladies mentales, avec toujours le problème que ces classifications, autant qu’elles veuillent se poser comme un discours commun, n’accordent aucune place à la parole du sujet et ainsi ne sont pas représentatives de tous les discours.

2 comments

  1. Anonyme Reply

    Extrait du livre « Quand les thérapeutes dérapent »

    « Préjugé organiciste et autres dogmes »

    « ‘’La tentation du scientifique est […] de nier la véracité des faits sous prétexte que ceux-ci ne s’expliquent pas à l’aide des acquis de la science‘’.

    La science médicale conventionnelle se fonde sur le préjugé organiciste : prétendre trouver la cause d’un mal physique ou psychique, dans le seul symptôme, activant du même coup le dogmatisme matérialiste et rationaliste du « tout-au-physiologique » ; on en est arrivé préconiser des traitements chimiques pour traiter des problématiques psychologiques !

    Voici l’avis très autorisé et malheureusement toujours d’actualité du Dr John Eccles (1903-1997), prix Nobel de physiologie et de médecine en 1963 :
    ‘’Ils [la majorité des scientifiques] ont été formés à l’école du matérialisme. C’est un moule extrêmement rigide composé d’un ensemble de dogmes qui ne sont pas forcément expliqués scientifiquement ! Par exemple, affirmer que notre existence n’est qu’un assemblage biologique, sans essayer de comprendre tout ce qui n’entre pas dans ce cadre – sous prétexte que ce n’est pas « scientifique » – est un dogme, pis, une superstition ! La science est pleine de superstitions, de croyances de toutes sortes…’’
    (In Revue française Psychologies, n° 100 – Le Dr Eccles a reçu le prix Nobel pour la découverte des processus chimiques responsables de la propagation de l’influx nerveux. »

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