Influence sociale : définition

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Influence sociale, conflit et dynamiques de changement

Introduction

Si entrer en communication avec autrui est s’exposer au risque de voir ses croyances, représentations, opinions remises en question, par la connaissance des représentations et opinions d’autrui, c’est risquer d’être transformé par l’autre ; mais c’est aussi pouvoir provoquer le changement chez l’interlocuteur, souhaités ou redoutés par l’individu. Ceci consiste en l’un des enjeux essentiels qui sont négociés dans le contrat de communication.

Cela montre combien ce contrat pose des limites dans lesquelles les chances d’être informé se double aussi du risque d’être déformé par autrui. Ceci est essentiel pour comprendre la stabilité d’une organisation sociale : le conformisme, conservatisme, la reproduction sociale, mais aussi les processus qui la font évoluer : le double face des processus d’influence comme facteurs de conservation et de nouveauté constitue un objet plus complexe, étudiable selon trois axes de réflexion. L’influence suscite de nombreux travaux et expériences dès les années 1930. L’influence sociale a été le lieu d’un renversement épistémique important qui concernait la primauté du conformisme et de l’influence majoritaire.

Par exemple, Moscovici ayant travaillé sur l’innovation, se focalise autour du conflit de l’influence sociale minoritaire trop sous-estimée. Les nouveaux modèles théoriques tentent d’intégrer le conflit avec l’autre.

I L’influence sociale : définitions et remarques générales

11 définitions

1982 : William Doise (genève) définit les processus d’influence sociale comme régissant les modifications de perception de jugement, d’opinion, d’attitude ou de comportement d’un individu, provoquée par sa connaissance des perceptions, jugements, opinions d’autres individus. Il faut distinguer les phénomènes d’influence (on a bien constaté un changement chez la cible) qui peuvent être observés, et les processus ou mécanismes qui sont par définition inobservables. On parlera de changement manifeste, de réponse publique pour un changement de comportement, contre un changement de représentation appelée changement latent ou réponse privée.

12 Schéma général, paradigme de l’influence sociale

Dans toute expérience, le dispositif est disposé de la même manière et organisé selon trois étapes. On demande dans un premier temps à un individu son avis à propos d’une situation (réponse R1), en second on lui communique la réponse d’une autre personne, d’un autre groupe (différente de celle de l’individu). Dans un troisième temps, on redemande son avis au sujet (réponse R2) pour voir s’il a modifié sa réponse initiale.

G. de Montmollin définit différent niveaux d’influence en 1977 : Si la réponse est identique en R1 et R2, on parle d’indépendance. Si la réponse R1 a changé pour s’aligner à la réponse d’autrui, on parle de conformité. Une réponse positionnée entre les deux avis est in compromis. On peut aussi observer une réponse similaire à la réponse d’origine R1, mais plus prononcée, durcie, catégorique, on parle alors d’anticonformisme. Enfin, dernier cas, il se peut que la nouvelle réponse ait non seulement changé mais aussi devenue plus appuyée que celle d’autrui, il y a alors polarisation (ce qui suggère une intériorisation active)

Il y a ambivalence lors de la décision de changer ou non de point de vue, car le nombre d’informations personnelle, directe, liée à l’expérience, est de plus en plus limité et restreint comparé à la médiation sociale, les journaux, la rumeur publique.

Il est normal de recevoir d’autrui l’information que l’on ne peut pas vérifier par soi même (c’est l’exemple de la rumeur), mais en même temps on doit conserver son libre arbitre. Dans une société qui valorise le libre arbitre, l’individualisme, etc. (sous peine d’être relégué au niveau de mouton de panurge, de grégaire, de pigeon…), l’individu qui se laisserait facilement influencer, être influençable, manipulable est mal vu, d’où naît une inquiétude sur l’éternelle question que se pose l’individu quant aux limites de son courage et peur, de sa lucidité et aveuglement, de sa liberté et de sa dépendance.

13 Besoin de l’individu et acceptation de la réponse d’autrui

Qu’est ce qui peut alors nous conduire à modifier notre position après avoir entendu celle d’autrui ? Quels besoins de l’individu sont satisfaits à travers l’influence sociale ? Il existe deux grands types d’explication.

D’un côté, elles remplissent des besoins socio affectifs importants, au niveau de l’estime de soi, de l’approbation sociale, l’affiliation à un groupe, la relation de sympathie, d’amitié, de voir ses opinions reconnues par les autres. A ces besoins sont liés des questions d’identité sociale, qui ferait que lorsque autrui propose une réponse très différente de la notre, on ressentirait cette non identité comme un risque de rupture de la relation et une peur, un sentiment de privation (compagnie, estime, affection etc.)

La seconde explication consiste à dire qu’elle satisfait des besoins cognitif : besoin de connaissances, de certitudes de vérité : la recherche de certitude, de vérité correspondrait à un besoin fondamental chez tout individu au point que chaque fois qu’un individu manque de preuves objectives pour asseoir son opinion, celui des autres va prendre beaucoup d’importance, car c’est dans le partage que l’information se forme comme vérité. Peu importe le contenu, l’identité de jugement est gage de vérité, de validité, il résulterait donc de l’état aversif de manque de certitude.

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