Le cas Alicia

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Apports de la pensée en psychanalyse pour Alicia

L’atténuation de la symptomatologie (elle supporte de parcourir de chemin de l’école à chez elle seule, elle parvient à lire dans l’autobus alors qu’avant l’angoisse la paralysait et mobilisait totalement son attention.

Le dégagement du fantasme paternel, notamment lors qu’Alicia oublie son père qui l’attend et prend seule l’autobus, c’est un acte manqué qui symbolise le désir de se dégager du fantasme paternel. par ailleurs, le fait quelle parvienne à dire que son père veut la garder pour lui et qu’elle peut choisir de ne pas consentir à rester sa petite fille montre son souhait de se dégager de la problématique oedipienne. Autre indice: dans la même période, elle commence à l’intéresser aux garçons de son âge, puis peu après, elle se met à aimer un garçon de son âge.

La résolution du symptôme et surtout la restitution de son sens à partir du rêve (mise en scène de la sexualité parentale, symbolisant implicitement l’interdit de l’inceste) montent la résolution de la problématique oedipienne: le rêve lui rappelle en effet que son père appartient à sa mère et vient donc ainsi reformuler l’interdit de l’inceste, chose que le père n’avait pas réussi à faire.

Alicia comprend alors que renvoyer son père à sa mère la laisse, elle, tranquille. Ce déchiffrage du rêve la libère définitivement du fantasme paternel. Dès lors, le symptôme phobique qui se positionnait comme une construction élaborée visant à entretenir le fantasme paternel oedipien perd sa raison d’être et de ce fait disparaît.

I le symptôme comme solution de compromis

Le refoulement est la condition préalable à l’apparition du symptôme. comment les autres formations de l’inconscient, il est le produit de la formation d’un compromis entre les exigences pulsionnelles du ça, et les défenses du moi qui s’opposent à leur satisfaction: en effet, d’un coté il est suffisamment déconnecté de la représentation originellement refoulée et peut de ce fait être assumé par les défenses du moi et d’un autre coté, il permet au désir inconscient, aux motions pulsionnelles de s’exprimer de manière déguisée, apportant en ce sens un assouvissement à minima de la pulsion.

II symptôme comme satisfaction substitutive

Le symptôme est habituellement envisagé comme cause de douleurs de souffrance notamment par la clinique médicale. en revanche pour la psychanalyse, le symptôme a une valeur de satisfaction: sur le versant de la libido, il vient exister à la place d’une satisfaction sexuelle qui ne peut avoir lieu, comme suppléant à l’insatisfaction pulsionnelle qui n’a pas pu avoir lieu du fait du refoulement originel. Il sert donc implicitement une satisfaction sexuelle. Les voies qu’il emprunte pour cela en dépit de sa présentation de souffrance qui n’entraîne pas de plaisir inconscient. Pour Freud, le symptôme se positionne comme l’expression, l’accomplissement d’un désir inconscient.

III symptôme comme modalité de retour du refoulé

Le symptôme est une des modalités possibles du retour du refoulé. Ceci désigne un processus par lequel des contenus inconscients tendent à réapparaître au niveau de la conscience de manière déformée, sous forme de compromis. En ce sens, le retour du refoulé tient le rôle d’une défense, car il permet de sauvegarder l’intégrité, la sécurité psychique du sujet en empêchant un contenu inenvisageable de s’exprimer tant que tel. En tant que retour du refoulé, le symptôme signe un échec partiel du refoulement initial. En effet, le refoulement n’est jamais total, puisqu’un contenu inconscient parvient à accéder au rang de la conscience de façon déguisée. Ce retour du refoulé symptomatique peut s’exercer sur le corps (conversion hystérique), dans les pensés (obsessions) ou se déplacer sur des objets extérieurs (phobies). de ce point de vue, le symptôme est donc à considérer comme le substitut d’une idée refoulée, d’un contenu refoulé.

IV persistance du symptôme

Le symptôme revêt une dimension de persistance et réelle dans le temps, alors que les autres formations de l’inconscient obéissent à une temporalité plutôt ponctuelle ou spontanée. (oublis, rêves, lapsus). Cet aspect peut être rattaché entre autre au bénéfice que comporte le symptôme. Il procure une satisfaction substitutive à celle qui n’a pas eu lieu originellement du fait du refoulement. En ce sens, il procure un gain significatif en évitant la persistance du conflit et en diminuant de façon très importante la tension psychique. de fait, le moi peut à certains moments manifester une certains complaisance à l’égard du symptôme, ce qui explique le fait que le symptôme comporte une dimension d’inertie, de persistance qui le différencie des autres manifestations de l’inconscient. Mais pour Freud, il faut également rechercher la dimension d’inertie du symptôme du côté des causes. Freud va précisément s’interroger sur la cause des symptômes et débouche ainsi sur la question du trauma: le noyau réel vécu avant l’âge de compréhension.

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