Le stade oral

[Total : 0    Moyenne : 0/5]

Le stade oral

zone érogène de prédilection : zone buccolabiale

La zone de prédilection ou zone érogène à ce stade est la zone buccolabiale. Celle ci est investie car c’est la partie de corps par lequel bébé rentre en contact avec l’extérieur, permettant trois choses :

  • l’apaisement d’un besoin alimentaire.
  • une expérience de plaisir (succion, ingurgitation, sentiment de plénitude après la tétée) ou de déplaisir (vomissement, par exemple?).
  •  la relation à l’autre maternel d’abord, puis d’autres objets.

Découverte de la limite entre l’interne et l’externe

A travers sa bouche, il découvre aussi la notion de limite entre l’interne et l’externe. Elle se stabilise en frontières en même temps que la possibilité d’une ouverture, un passage entre l’intérieur et l’extérieur. Cela conduit à la notion de mouvement. Ce stade, et cette zone sont au carrefour d’un circuit vital (besoin de manger), d’un circuit libidinal (du plaisir) et d’un circuit relationnel. L’enfant découvre le monde d’abord par le bouche.

Distinction des objets

A partir du troisième moi, les objets vont commencer à se différencier, de façon très partielle au début: par exemple, la voix, le regard, la chaleur au contact etc. Ces bouts d’objets, fragmentés, parcellaires, sont appelés objet partiel. Très vite, cet objet va être clivé en bon et mauvais objet.

Le bon objet est attendu et aimé

Le bon objet est caractérisé par un positionnement positif, il est attendu, aimé. Il subvient aux besoins au moment ou ils sont exprimés/présents: il a un côté gratifiant par son adéquation entre l’appel et la satisfaction. Ce bon objet est exclusivement positif.

Le mauvais objet

De l’autre côté, on a le mauvais objet : il est perçu négativement, et découle d’une mauvaise adéquation entre le besoin, désir et l’acte. Par exemple, un biberon qui arrive alors que le bébé a froid. Le manque de chaleur reste, alors qu’il y a en même temps un forçage, qui peut être conçu comme un danger. La perception interne est clivée ainsi en bon et mauvais concernant tous les objets.

Klein parle de période schizo-paranoïde. La séparation entre bon et mauvais objet entraine des aspects paranoïdes, mais cela fait partie du développement normal.

Apparition des structures fantasmatiques

On note l’apparition des structures fantasmatiques à ce stade. C’est à dire imaginaires, inventées, créé par l’appareil psychique, à ne pas prendre dans le sens commun. Ces structures s’organisent autour de l’incorporation, de la dévoration et de l’anéantissement. Les fantasmes sont de l’ordre d’avaler le monde extérieur, incorporer les choses et les êtres, mais aussi la peur d’être dévoré par le mauvais objet: être dévoré, englouti par l’autre tout puissant.

Un sentiment d’angoisse est lié à la peur de détruire, de casser l’autre. Cette angoisse vient, entre autre, d’un sentiment de toute puissance que le bébé a gardé. N’étant pas encore tout à fait différencié de l’environnement, ce fantasme se rapproche aussi de la peur qu’il n’y ait pas de place pour deux, s’opposant au bonheur de la symbiose. Le bébé est en proie à un anéantissement.

Traces du stade oral chez les adultes

On garde tous des traces de ce stade, ou qui se traduisent en stigmates dans certains cas de psychose. Mais même de façon normale, le relationnel reste lié à l’incorporation. Combien de fois ne dit on, pour maintenir un relationnel : On se fait une bouffe? On va prendre un verre? On mange du chocolat pour se détendre. On peut aimer manger seul, ne pas vouloir être vu manger à l’adolescence notamment. On peut au contraire considérer le repas sacré et à partager avec le plus de monde possible!

Unification de l’objet : accès à l’ambivalence

Au fur et à mesure que l’objet se construit, il commence peu à peu à s’unifier. L’objet coupé en deux se rassemble: le mauvais objet peut avoir de bons côtés. Le bon objet peut en avoir de mauvais. On accède ainsi petit à petit à l’ambivalence. Il y a interpénétration de la bonne et mauvaise mère, qui peut être gratifiante ou frustrante selon les moments.

Par exemple, la maman qui a donné un biberon, va arracher de la bouche de l’enfant les délicieuses clés de la voiture… L’enfant commence à deviner que la bonne et mauvaise mère ne font qu’un. Cette idée est anxiogène. Il repousse aussi violemment qu’il le peut la mauvaise mère, dans un fantasme de destruction. La prise de conscience qu’il s’agit en même temps de la bonne mère conduit à une période dépressive. Le bébé s’inquiète de ce qu’il arrive au bon et au mauvais objet. S’il détruit le mauvais qu’il déteste, il détruit aussi le bon qu’il aime.

Différentiation des personnes

Vers 8 mois, l’enfant commence à différencier de mieux en mieux les personnes. Il reconnait donc les étranger des personnes familières. Il accède alors à l’angoisse des étrangers.

Angoisse du 8 ème mois

Spitz parle aussi de l’angoisse du 8e moi. Il s’agit d’un bon indicateur de développement. Si aucun mouvement de recul n’est visible face à un étranger à 10 mois, cela peut indiquer des problèmes de développement. Cela dit, ce recul est plus ou moins marqué selon le milieu familial, la fréquence de rencontre de personnes inconnues, ce recul peut aussi être bref et peu marqué.

Angoisse de séparation

Huit mois est aussi le moment d’apprivoiser l’absence et la présence d’objets, période d’excellence du jeu de cache cache. L’enfant va s’amuser à jeter des objets. Il va reproduire les séparations et retrouvailles répétée, comme dans le jeu de la bobine décrit par freud. Les jeux d’absence et de présence sont très prisés à cet âge. Tous ces jeux permettent à l’enfant d’endurer l’absence des objets d’amour. Pensez à ramener les objets au enfants au moins au début, et ne le frustrez pas trop tôt, pour qu’il puise expérimenter avec cela… sans le laisser en abuser non plus!

Le sevrage

Il existe aussi un conflit spécifique à chaque stade. ici: le sevrage. On entend par là, l’ablactation. On arrête le nourrissage liquide pour passer à un nourrissage semi-solide, puis solide.

Le conflit peut ne pas être marqué ou l’être très fortement. Si la famille veut le forcer trop tôt, l’enfant n’est pas prêt. Au contraire si la durée de nourrissage au biberon perdure au delà des besoins de l’enfant, cela le frustre dans sa recherche d’autonomie, de participation au repas familial autour de la table. Il a de plus besoin de varier les gouts et textures des aliments.

Dans le premier cas, ce peut être du à une reprise de l’activité professionnelle, un nombre important de bouches à nourrir, un problème relationnel avec l’un des deux parents… L’enfant peut d’ailleurs présenter des troubles comme l’anorexie infantile ou l’hyperphagie.

Traces du sevrage chez l’adulte

On garde des traces du sevrage en particulier. A travers certaines habitudes comme le fait de manger entre deux chaises ou de partager les repas. Si ces habitudes alimentaires deviennent de la souffrance, on passe de la psychopathologie quotidienne à la psychopathologie.

On parle de boire des paroles, dévorer des yeux etc. On tient aussi notre rapport à l’autre (partenaire, enfants) et la distance qu’on y met de ce stade. La gestion du conflit de l’anxiété vient aussi du stade oral. On a tous a un moment donné, régressé vers des outils de gestion qu’on a eu a ce stade: se ronger les ongles, se tortiller les cheveux, se mordre la lèvre.etc.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *