Anatomie de l’émotion

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Psychophysiologie

Les émotions, mécanismes cérébraux

I historique

Deux systèmes ont été présentés et démentis avec le temps.

11 le circuit de Papez

1937 Les émotions sont elles une production magique ou un processus physio dépendant de structure anatomique? Papez a élaboré un circuit inspiré de différents résultats expérimentaux. Il existe d’abord une circulation d’information à travers un circuit interconnectant l’hypothalamus et le cortex cingulaire (la partie située autour du corps calleux). Il distingue ne sous région de l’hypothalamus appelée corps mamillaires. Ils reçoivent les informations sensorielles en provenance du thalamus, et les relaient au cortex cingulaire par l’entremise du noyau antérieur du thalamus. L’hippocampe reçoit les informations du cortex cingulaire et envoie l’information à l’hypothalamus.

Les émotions peuvent être générées de deux façons, par stimuli sensoriels entrant par le thalamus, ou par des pensées en provenance du cortex cingulaire. Très peu de ces voies sont reconnues de nos jours comme étant impliquées dans les émotions.

12 le système limbique

1949, le système limbique est décrit par Paul MacLean. Il complexifie le circuit de Papez en y ajoutant l’amygdale, le septum, et le cortex préfrontal. On sait de nos jour que le système limbique comme tout, n’est pas considéré comme cerveau émotionnel, d’autre structures sont impliquées comme le tronc cérébral. des structures du système limbique sont plus impliquées dans la cognition que l’émotion (eg hippocampe et mémoire)

II l’hypothalamus

21 anatomie et fonction

Il est constitué de plusieurs noyaux et d’un point de vue fonctionnel, il est découpable en régions postérieure, latérale et médiane.

22 effets de lésions de l’hypothalamus

Des lésions dans la partie postérieure amène une baisse des réactions émotionnelles. Au niveau de la partie médiane, du noyau médian hypothalamique (VMH) elles entraînent une hyperphagie menant à l’obésité, une hyperactivité, irritabilité accrue, hyperémotivité. On en conclut qu’il a une action inhibitrice. Une lésion au niveau des parties latérales entraîne une baisse de la prise de nourriture et des conduites agressives.

23 hypothalamus et agressivité

Il a un rôle dans les réactions d’attaque et de défense. La région médiane inhiberait les réactions à des stimuli divers venant de l’extérieur. Les régions postérieures et latérales seraient au contraire facilitatrices de ces réactions.

III l’amygdale

31 anatomie et fonction

L’amygdale est située dans le lobe temporal (à l’avant). Il a un rôle associatif entre perceptions et émotions, et dans la peur en particulier. Composée de plusieurs noyaux, latéral et basolatéral qui reçoivent les informations sensorielles. Le noyau central envoie ces informations à’hippocampe et au tronc cérébral.

32 syndrome de Kluner et Bucy

La première expérience ayant mis en évidence le rôle de l’amygdale, en 1939, a en partie inspiré Papez: la lobectomie bilatérale temporale sur des chiens a permis d’observer un émoussement émotionnel, une agnosie visuelle, c’est à dire que certains objets ne sont plus reconnus par le vue. Par ailleurs le comportement sexuel de ces animaux est devenu exacerbé et indifférencié, accompagné de sévères pertes de mémoire et d’un comportement oral qui se traduit par une tendance à tout mettre dans la bouche. Il est possible de provoquer ces symptômes émotionnels sans pertes de mémoire ni angoisse en enlevant l’amygdale seule.

33 amygdale et peur

331 expériences de joseph Ledoux

Il s’agit d’une expérience de peur apprise par conditionnement. On met un rat dans une cage et on le conditionne à avoir peur d’un signal sonore en accompagnant celui ci d’un choc électrique. On mesure la pression sanguine et l’arrêt de mouvement chez l’animal, qui sont signe de leur alerte. (freezing qui traduit la peur)Après lésion de l’amygdale (noyau central), le conditionnement n’est plus possible si la lésion a été effectuée avant. Si elle a été effectuée après, la lésion élimine les réponses viscérales acquises. Il est donc lié au système nerveux autonome (viscéral).

332 amygdale et peur chez l’humain

Chez l’humain, la stimulation électrique notamment au cour d’opérations de tumeurs ou d’épilepsie, provoque un sentiment d’anxiété et de crainte. Dans les expériences de neuro-imagerie fonctionnelle, la peur active l’amygdale, lorsque l’on montre des images effrayantes. des lésions affectent la composante émotionnelle de la mémoire, comme chez le rat. L’association entre percept et sentiment de peur ne se fait plus. Les sujets ont aussi des troubles au niveau de l’identification de la peur chez les autres, au cours d’épreuves de reconnaissances sur des photos de visages.

IV cortex orbito frontal

41 cas de Phineas Gage

Après un accident dans la mine où il travaillait, une barre de fer lui a traversé la tête du sommet du crâne pour ressortir par la joue, détruisant la partie située au dessus des orbites du lobe frontal. En 1850 cet homme a survécu malgré une lésion aussi importante. Son comportement par contre a changé au niveau de la personnalité. De raffiné et habile en affaires, il est devenu irrévérencieux, irrespectueux, à l’humeur changeante, irresponsable, ayant un comportement puéril ou inapproprié, désinhibé, et montre perte de jugement, impulsivité. Il a vécu encore 12 ans ainsi.

42 les fonctions du cortex frontal

L’émoussement des réponses émotionnelles, la perte de la composante émotionnelle du raisonnement, les comportements sociaux inadaptés, la diminution apparente des valeurs morales, difficultés de concentration, obsessions et compulsions, impulsivité, irritabilité, troubles de l’humeur, dépendance envers l’environnement sont observés pour poser un diagnostic. Par exemple, un docteur va faire divers gestes pour mesurer la dépendance à l’environnement, visible par imitation et utilisation des objets compulsive. Par exemple, une personne ayant une lésion mettra une paire de lunette s’il en voit une, même s’il n’en a pas besoin et qu’il en porte déjà une.

Normalement, les associations apprises, désirs et objectifs, contraintes sociales et physiques sont les bases déterminant l’action. Ici, les indices sociaux et émotionnels pour sélectionner les actions manquent. La réponse électrodermale montre par ailleurs que la réaction émotionnelle de peur face à des photos est accompagnée de mots tel qu’effrayant, laid etc, mais les relevés n’indiquent pas de peur réelle. Ce ne sont que des mots.

Ces personnes font preuve d’alexithymie: ils trouvent les émotions bizarres, ont des priorités bizarres, manquent d’empathie, d’humour et d’imagination. Ils sont dans l’incapacité de lire les émotions chez les autres. Ils peuvent avoir des comportements antisociaux, sociopathies acquises, tels que vol, violence, « psychopathie » car ils sont impulsifs et indifférents aux conséquences sociales de leurs actes. Une diminution du métabolisme dans ces régions peut avoir le même effet.

Le patient J.S. a préservé ses capacités intellectuelles intactes (QI etc.) mais de timide, il est passé à très violent, antisocial et présente des actes agressifs commis sans buts particuliers. Les symptômes peuvent être partiels selon l’ampleur de la lésion.

On peut aussi voir leur comportement de prise de risque grâce au Iowa Gambling Test. Le sujet doit choisir entre deux tas de cartes: l’un conservateur permet de gagner peu mais avec un solde favorable au joueur, l’autre permet de gagner beaucoup, mais fait perdre beaucoup, de façon à ce que le joueur perde en moyenne. Le sujet normal choisit généralement le tas conservateur, alors que les patients choisissent le paquet risqué sans réponse du système autonome plus grande. L’activité du GF est corrélée à la taille du gain monétaire dans une tâche (mécanismes liés à la récompense).

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