Le sommeil

[Total : 0    Moyenne : 0/5]

Le sommeil

I les états de vigilance

Il en existe trois: éveil, sommeil lent (comportant quatre stades de profondeur) et sommeil paradoxal

11 enregistrements polygraphiques

EEG électrœncéphalogramme : relève l’activité électrique à la surface du cerveau

EOG électrooculogramme : permet de mesurer le mouvement des yeux

EMG électromyogramme : permet de mesurer l’activité musculaire

12 description des ondes cérébrales

Elles sont caractérisées par leur fréquence en Hz et leur amplitude en mV

Ondes bêta: (14 à 30 Hz, 10mV) Ce rythme résulte d’une forte désynchronisation des neurones corticaux (EEG désynchronisé) Tous les neurones ne fonctionnent pas en même temps (ils ne déchargent pas de façon synchrone)

Ondes alpha (8 à 13 Hz, 50mV)

Ondes thêta (4 à 7Hz, 50 à 100mV)

Ondes delta (0.5 à 3Hz, 100 à 150mV)

Le sommeil paradoxal et l’éveil présentent des ondes désynchronisées; le sommeil lent s’accompagne d’une augmentation de la synchronisation selon la profondeur croissante.

13 description des états de vigilance

Le sommeil lent constitue 75% de la durée de sommeil totale, dont 20% de sommeil lent profond. Au cours des quatre stades consécutifs, l’activité cérébrale diminue et un maintient d’un certain tonus musculaire est observable. Les enregistrements polygraphiques amènent à conclure à un ralentissement et une augmentation d’amplitude des ondes cérébrales; plus le sommeil lent est profond, plus le tonus diminue, sans être aboli. La posture est ajustée périodiquement (on peut changer de position, les mouvements oculaires sont lents en stade 1, se raréfient jusqu’à être absents en sommeil lent profond. Au niveau des caractéristiques neurovégétatives, la pression artérielle, rythme cardiaque, diminuent, et sont de plus en plus réguliers, idem pour le rythme respiratoire.

Le sommeil paradoxal constitue 25% de la durée totale de sommeil. 90% des rêves s’y déroulent, il s’agit alors d’histoire construites. 10% se produisent durant le sommeil léger, mais ces rêves se rapportent le plus souvent à des idées vagues. L’activité musculaire est nulle (paralysie, atonie) alors que l’activité cérébrale est importante. Les ondes se désynchronisent : l’EEG est proche de celui de l’éveil, pourtant la profondeur du sommeil est maximale. Les mouvements oculaires sont nombreux et rapides en bouffées (REM). Les caractéristiques neurovégétatives sont irrégulières.

II organisation du sommeil en fonction de l’âge

21 évolution du sommeil depuis la naissance

cf.p.36

Un nouveau né dort 16h par jour, contre 8 pour un adulte. Le sommeil paradoxal constitue un car du sommeil total à partir de 2 à 3 ans. Le nouveau né a 50% de sommeil paradoxal (actif). La quantité de sommeil total diminue avec l’âge, tout comme la proportion de sommeil paradoxal.

23 comparaison adulte jeune, adulte âgé

L’hypnogramme est un graphique montrant le déroulement des stades du sommeil en fonction du temps. Un cycle de sommeil est une phase de sommeil lent suivi d’une phase de sommeil paradoxal.

Chez le jeun adulte, le sommeil suit une période d’environ 90minutes, et comprend 4 à 5 cycles. Les étapes sont l’endormissement en sommeil lent, une augmentation de la profondeur de 1 à 4, avec prédominance du sommeil profond surtout en début de nuit, puis une phase de sommeil paradoxal, qui est plus longue en fin de nuit. Chez les personnes âgées, on note des réveils plus fréquents et plus longs, une durée du sommeil lent profond diminuée voire absent après 60 ans, et une diminution du sommeil paradoxal. Une personne âgée dort moins longtemps et le cette diminution de temps de sommeil touche particulièrement le sommeil profond et paradoxal.

III troubles du sommeil

31 l’insomnie

311 généralités

45% à 50% es gens s’en plaignent une fois au cours de leur vie. Ces troubles touchent plus les femmes que les hommes et augmentent avec l’âge. Il en existe deux types: primaires et secondaires (c’est à dire associés à une autre maladie). On parle aussi d’insomnie transitoire, lorsqu’il s’agit de problèmes ponctuels et de courte durée à le suite de stress, fatigue importante etc. L’insomnie chronique au contraire et problématique car elle perdure dans le temps.

312 insomnie chronique primaire

Elle est caractérisée par des problèmes plusieurs nuits par semaines et durant depuis plusieurs mois ou années. Le sommeil est mauvais à cause de difficultés d’endormissements, de réveils nocturnes ou matinaux précoces, ou de mauvais éveil diurne (fatigue physique et psychique, difficultés de concentration, somnolence…)

Dans ses aspects subjectifs, la plainte du patient est évaluée grâce à des échelles: la somnolence diurne (50% des cas), l’hyperéveil (50% des cas), aucun trouble diurne (5% des cas)… La perception subjective du sommeil est modifiée chez 80% des insomniaques qui surestiment le temps à s’endormir et sous estiment la durée et la profondeur du sommeil.

Les aspects objectifs sont recueillis par les enregistrements polygraphiques. En cas d’insomnie on remarque une augmentation de temps avant d’arriver en sommeil profond, un endormissement allongé, une continuité moindre car le sommeil est entrecoupé de fréquents réveils.

Au niveau structural, le sommeil paradoxal n’est pas touché, mais les stades 3 et 4 se trouvent souvent diminués sur les hypnogrammes. Au niveau de sa microstructure, la fréquence des ondes lentes est diminuée, les fuseaux de sommeil sont moins denses à l’endormissement.

Au niveau des aspects psychologiques, il existe une relation entre le degré de psychopathologie et la gravité du trouble du sommeil, qui est définie par des troubles d’anxiété, de dépression, de stress, de rumination etc. Les mécanismes de l’insomnie sont en fait une augmentation des processus d’éveil, c’est à dire un hyperéveil chronique, associé à une avance de phase du rythme de la température par rapport au rythme veille sommeil.

Pour ce qui est des traitements, on tente d’améliorer la veille comme le sommeil en augmentant le contraste veille sommeil. On évite la fatigue, les endormissements diurnes et on augmente la qualité du sommeil nocturne. On renforce les synchroniseurs: repas à heure fixe, sevrage des hypnotisants devenus inefficaces, traitement par relaxation (dans 60% des cas, ça améliore les résultats), et médicalisation éveillante pendant la journée pour améliorer la qualité de l’éveil. On informe par ailleurs les personnes sur les effets de l’insomnie. Un renforcement des horaires de sommeil permet de diminuer le temps passé au lit, et on peut prescrire des médicaments hypnotiques (selon le cas) pour améliorer la qualité du sommeil

32 hypersomnies

La narcolepsie est liée au travail posté. Elle est handicapante du point de vue social: des crises de sommeil irrépressibles viennent perturber la vie du sujet atteint. 2/3 des cas sont des hommes. Les premiers symptômes arrivent entre 20 et 40 ans. 0.02 à 0.1% de la population est atteinte. Les signes cliniques sont des accès de somnolence intense, plusieurs fois par jour, la durée totale du sommeil restant inchangée. Elles s’accompagnent d’attaques de cataplexie: relâchement brutal du tonus musculaire sous l’effet notamment d’émotions intenses. D’autres symptômes sont des paralysies du sommeil (décalage entre éveil cérébral et éveil musculaire), somniloquence (parler pendant le sommeil), ou rêves accompagnés de gestes élaborés, hallucinations.

L’évolution est variable, les améliorations sont fréquentes après 60 ans, mais il y a aussi des aggravations. Les enregistrement polygraphiques montrent que la latence d’endormissement est réduite, de 7 minutes contre 20 en temps normal. De plus le sommeil est anormal avec 2/5 fois un endormissement direct en phase de sommeil paradoxal, sans passage au préalable par le sommeil lent. La proportion de stade 1 est élevée, et les éveils sont fréquents, alors que le sommeil paradoxal est fragmenté.

Cette maladie a une causalité multifactorielle et peut être assez impressionnante, par exemple avec la vidéo du chien qui s’effondre en pleine course, tout content de pouvoir s’échapper. Il y a des facteur génétiques qui interviennent: c’est plus fréquent chez les parents, et lié à un gène impliqué dans la défense immunitaire a priori. La variante concernée se retrouve chez 90% des narcoleptiques, et dans 25% des personnes en général. (Études effectuées sur des lignées de labrador par exemple). Les facteurs environnementaux peuvent jouer aussi: stress psychologique, modifications brutales du rythme veille sommeil etc.

Le traitement est purement symptomatique, on n’est pas capable de soigner la maladie elle même. Des traitements stimulants (modafinil ou amphétamines) sont employés pour traiter la somnolence et les accès de sommeil. Les symptômes de cataplexie et hallucinations sont traités par des antidépresseurs, et le mauvais sommeil est amélioré par les hypnotiques traditionnels.

33 Ronflements et apnée

Ils sont dus à une constriction au niveau du pharynx. Dans le cas de l’apnée, cette obstruction est totale. Elle a pour conséquences des troubles de la santé liée à un mauvais sommeil: on se réveille dès que l’air ne peut plus passer. On soigne ces troubles en diminuant les facteurs aggravants (obésité, alcool), ou par intervention chirurgicale depuis 80s, ainsi que par un masque nasal à pression d’air constante.

IV fonctions du sommeil

41 effet de privation de sommeil

Apres 11 jours de veille, la première nuit, on observe une augmentation de la proportion de sommeil lent, profond, surtout de stade 4. Après 48 heures de privation de sommeil, on a diminution de moitié de la performance sur des tâches cognitives et psychomotrices.

42 rôle du sommeil lent

On lui attribue un rôle de récupération en particulier car certaines hormones sont seulement synthétisées durant le sommeil lent. (Rénine et hormone de croissance en particulier).

43 rôle du sommeil paradoxal

Son rôle est inconnu de façon certaine.

431 phylogenèse du sommeil paradoxal

Le sommeil paradoxal existe à partir des oiseaux et mammifères. Il pourrait s’agir d’un phénomène adaptatif dans lequel les animaux chassés ont des cycles de sommeil brefs, ce qui limite leur vulnérabilité.

432 ontogenèse du sommeil paradoxal

Par rapport à l’âge du sujet (animal), on observe une variation en fonction de différents types de maturation cérébrale, il pourrait donc jouer un rôle dans la maturation cérébrale, c’est à dire dans la synaptogénèse. Il y a en effet plus de sommeil paradoxal chez l’enfant que chez les personnes âgées. Après un apprentissage complexe, la durée de sommeil paradoxal augmente la nuit suivante, de même, après une privation de sommeil paradoxal, les performances d’apprentissages diminuent.

433 sommeil paradoxal comme mémoire de l’espèce

Michel Jouvet a une théorie disant que le sommeil paradoxal permettrait de préserver l’intégrité, les caractéristiques intrinsèques de l’espèce. On évolue au cours de la journée, et le sommeil paradoxal serait là comme un bouton reset, il serait responsable de la programmation génétique de certains comportements innés et pourrait être également le gardien d’une certaine hérédité psychologique. Il apparaît chez les espèces qui n’ont pas une phylogenèse continue; le contenu des rêves, le comportement onirique, en cas de lésion d’une région spécifique. Il s’accompagnerait de l’activation de circuits neuronaux spécifiques de l’espèce.

2 comments

  1. Elia Reply

    ^_^ Laisses moi ton adresse mail en commentaire et je te répondrais en privé [aka : sans publier l’adresse]

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *