TD2 Structure de l’inconscient (Freud)

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I Un moi qui n’est pas maître dans sa maison

Freud a fait un certain nombre de découvertes qui ont bouleversé les idées de son temps te la conception de la maladie qui prévalait jusque là. Il va notamment retenir de sa rencontre avec ses patientes hystériques (crises nerveuses, paralysies sans fondement organique) que des pensées agissent sur le sujet à son insu. C’est ce qui va le mettre sur la piste d’une pensée séparée de la conscience qu’il nomme inconscient. Il s’intéresse parallèlement aux faux pas, erreurs qui dans nos actes et nos paroles viennent nous surprendre au moment où on ne les attend pas, comme le lapsus et les actes manqués. Il propose de lire l’ensemble de ces faits jusqu’alors incompréhensibles, mal interprétés ou attribués au hasard, comme des manifestations des formations de l’inconscient.


En effet, pour lui, ces productions psychologiques qui restent énigmatiques sont le fait de l’inconscient, qui s’exprime de manière indirecte, travestie, voilée.

L’énergie libidinale (psychologique, pulsionnelle) est à la base du fonctionnement de l’appareil psychologique (cf. les différents stades libidinaux de Freud), en proie aux afflux d’excitation. La libido qui s’exprime en termes de désir inconscient au travers des pulsions, cherche à se décharger. La décharge des quantités d’excitation définit précisément le plaisir et permet d’éviter tout état de tension intérieure/interne. Le psychisme répond en effet à un principe de constance, qui renvoie à la nécessité pour l’appareil psychique de maintenir aussi bas que possible la quantité d’excitation qu’il contient. L’activité psychique a donc pour but d’atteindre le plus bas niveau d’excitation. Le sujet ne peut échapper à l’émergence de ce désir inconscient, qui vise à l’assouvissement de pulsions, car c’est le ressort même du fonctionnement de l’appareil psychique. C’est l’énergie pulsionnelle qui l’alimente, ne cherchant qu’à se décharger pour respecter le principe de constance.

Le problème, c’est que l’expression, l’accomplissement de ce désir inconscient est en substance intolérable et inenvisageable pour le sujet et son moi, et par ailleurs incompatible avec les exigences sociales, morales et extérieures, renvoyant au principe de réalité. Le moi donc exercer une censure pour empêcher les motions pulsionnelles, le désir inconscient, de s’exprimer en tant que tel et va l’obliger à se manifester de façon travestie et déguisée, au travers de rêves, lapsus, actes manqués, oublis, symptômes. En ce sens, pour Freud, les formations de l’inconscient permettent la satisfaction partielle du principe de plaisir, car il y a une décharge même si elle est déguisée, un assouvissement à minima de la pulsion, c’est à dire l’accomplissement d’un désir inconscient restant acceptable pour le moi et les exigences extérieures. Freud en montre l’exemple avec le rêve où Freud considère qu’il est le lieu de satisfaction déguisée des désirs refoulés à l’état de veille.

II L’inconscient : sa logique, ses lois

11 L’inconscient a une logique.

Pour Freud, l’inconscient est le point de départ de tous les faits psychiques, à saisir comme un ensemble de pensées, de représentations, que le sujet ne sait pas, ne connaît pas, ne maîtrise pas, mais qui le déterminent néanmoins et parasitent continuellement sa vie psychique consciente. Ces pensées, représentations de l’inconscient ne sont pas réparties anarchiquement, mais sont régis par des mécanises qui obéissent à une logique spécifique.

12 L’inconscient est régi par des lois

Une représentation est refoulée par le moi car son contenu est lié à une pulsion, un désir inconscient inenvisageable et intolérable par le sujet en lien avec le sexuel. Il peut s’agir également de pulsions agressives non conciliables avec la société. Le désir inconscient n’a pas d’autre choix que d’émerger au rang de la conscience de façon travestie, déguisée, afin de devenir acceptable. Ainsi, le refoulement n’est jamais total et ce déguisement des pensées inconscientes va être possible par deux mécanismes de substitution qui sont la condensation et le déplacement. Les deux mécanismes principaux de l’inconscient, constituant les lois de l’inconscient et sont commun à l’ensemble des formations de l’inconscient.

121 La condensation

Dans les rêves, dans l’inconscient ou le langage, la condensation renvoie à la notion de surimpression, c’est à dire une accumulation d’éléments dans une représentation unique , ou encore une représentation à elle seule, regroupe toute une chaîne de signifiants. Il peut au contraire aussi s’agir d’un ensemble de représentations qui constituent le point de rencontre de plusieurs chaînes associatives ou chaînes de pensées. De ce fait, le sens que véhicule cette représentation semble impossible à décoder d’emblée. Par exemple, ce mécanisme est à l’oeuvre dans le rêve, ou un visage de femme comporte des éléments masculins empruntés à plusieurs personnes. Autre exemple: le rêve d’un couteau peut condenser plusieurs significations ayant trait à la pénétration, le meurtre, la castration.

122 Le déplacement

La représentation est avec l’affect, ce par quoi une pulsion se manifeste. La représentation est une image mentale, le contenu de pensée qui supporte l’affect. Celui ci, lié à la représentation, définit l’émotion suscitée lors de l’évocation d’un contenu de pensée, une décharge émotionnelle massive qui peut être agréable ou désagréable. Par exemple à l’évocation d’un voyage peut correspondre la représentation et le sentiment agréable de bien être lié à celui ci. La représentation est donc saisie comme un facteur qualitatif, là où les affects apparaissent comme des facteurs quantitatifs. En effet, o parle de quantum d’affect pour désigner la quantité d’énergie pulsionnelle attachée à une représentation. De la pulsion, seule la représentation peut subir le processus de refoulement. L’affect ne devient donc jamais inconscient. Si une représentation est refoulée de part son contenu intense, inenvisageable ou dangereux, le quanta d’affect, somme d’excitation ou quantité d’énergie pulsionnelle qui lui était attachée à l’origine va chercher à se décharger.

Pour cela, il peut subir différentes transformations notamment via le déplacement, c’est à dire processus par lequel une représentation intense se voit dépouillée de sa charge affective, laquelle se déplace sur une autre représentation, en général beaucoup plus anodine, reliée à une première par une chaîne associative, c’est à dire une représentation ayant au moins un point commun avec la première. Le déplacement s’effectue le long d’une chaîne associative, et l’affect s’investit sur une autre représentation, de moindre importance, qui n’entretient qu’un rapport indirect avec la représentation d’origine. Les exigences du moi sont ainsi satisfaites tout comme le désir inconscient, l’émotion pulsionnelle trouve un mode d’expression, de décharge.


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