Fonction du groupe

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2 processus à l’oeuvre dans l’élaboration du groupe : consruction du lien social
21 entre totalisation et sérialisation : l’approche dialectique de J.P. Sartres du groupe
Startre: critique de la dialectique tome 1 galimard 1960
Comment expliquer un phénomène comme le stalinisme? Y a t il un moyen d’empêcher les forces vives de la révolution de se pervertir à ce point? C’est dans ce cadre que Sartre s’est intéressé au groupe révolutionnaire.
On considère l’exemple d’un arrêt d’autobus pour étudier les moments de constitution du groupe. A la station de bus, plusieurs personnes attendent. De l’extérieur, cela ressemble à un rassemblement, Sartre parle de série. Ces gens sont indifférent les uns aux autres, ne se regardent pas. Ce n’est pas un hasard: il existe par le fait que tous les individus ont un intérêt en commun: ils subissent ensemble la rareté des bus. En attendant, le nombre de personnes augmente, et ils prennent un numéro d’ordre. Ils deviennent un numéro d’une série, qui correspond à leur placement dans la file d’attente, plus ou moins bonne.

Le rassemblement se caractérise par cette sérialité c’est à dire, par la résignation par rapport à la place obtenue. Tous sont frappés d’impuissance face à la rareté des transports en commun. Certains s’impatientent, prennent un taxi, entament des actions individuelles, mais cela ne change rien à la situation. L’un d’eux soudain s’exclame: « C’est en trop, on est comme des c*ns, ça peut plus durer! » Tous le regardent, approuvent, certains applaudissent, se retrouvent en lui. Quelqu’un propose d’aller au dépôt à côté, de prendre un bus, et avant qu’il ait fini sa phrase, tous sont déjà en marche.

Ils constituent désormais le groupe des passagers de la ligne 643, qui se constitue à travers l’action qu’ils mènent ensemble et par laquelle ils surmontent leur impuissance. Quand ils se sont emparés d’un bus vide et arrivés à destination, le groupe va probablement se désagréger, ou ils déciderons de former une association, c’est à dire de demeurer sur le terrain de l’intérêt commun et s’organiseront en conséquence.

(George Lapassade, 70s, analyse institutionnelle: groupe, organisation, institution)
Pour Sartre, le groupe est le contraire de la série. Le groupe est un essai de totalisation. La vie du groupe est faite de cette tension permanente entre deux pôles opposés (la sérialisation et la totalisation). Les différents moments dans la vie d’un groupe existe comme autant d’épisodes de la lutte contre un retour toujours possible vers la sérialité. Le groupe vient de la série et se construit contre elle.

La distinction entre série et groupe pour Sartre rejette toute conception qui a tendance à chosifier le groupe qu’il soit considéré comme un organisme vivant, une machine infernale (film:cube) ou autre. Il est une construction autour du produit de son acte. Le caractère dialectique de la réalité groupale est mis en avant: tout groupe est déchiré entre un pouvoir créateur qui semble infini et l’expérience que ce pouvoir s’épuise, retombe vite dans le pratico-inerte, amorphe.
Sur le plan social, elle s’appuie sur la lutte ‘contre la rareté des bus), sur l’échange (du mécontentement, de la frustration, l’impuissance et les initiatives individuelles) et sur la violence symbolique de la lutte : l’action même du groupe crée des inégalités entre ceux qui embarquent et ceux qui sont laissés pour compte.
Dominique Oberté et Véronique Arbischer expliquent que c’est par l’action que se réalise le devenir. L’action manifeste l’existence d’un imaginaire devenu imaginable c’est à dire que cherche à se réaliser. L’imaginaire se développe à partir du manque, et vise à combler un écart entre l’existant insatisfaisant et ce qui est souhaité. Il a u caractère d’irréalité et de potentialité. En ce sens, les groupes sont des lieux de réalisation des projets humains. Il s’agit de lieux où les individus vont pouvoir transformer la situation, y être acteur, retrouver un usage très concret de leurs libertés. C’est au cours de l’action commune que la naissance du groupe arrache ses membres à l’inertie du vieux rassemblement, et leur impossibilité d’agir et de communiquer à des relations d’extériorité entre eux.

Conditions de passage du rassemblement au groupe

1 il faut que l’intérêt en commun des individus soit assez fort pour qu’il se transforme en intérêt commun. L’interdépendance au groupe est découverte dans une cause qui lui est extérieure, ici l’organisme de transport en commun. Il peut s’agir d’autre groupes avec des intérêts différents voire contradictoires. Tout groupe est une totalisation en cours, mais sa totalité est toujours hors de lui, dans son objet (ici remettre en cause le monopole de la RATP)

Stades de l’évolution du groupe: le groupe en fusion constitue le premier stade: le groupe qui nait est en fusion, et expérimente l’intégration. Il passe ensuite au groupe passion, celui ci est dans une phase d’organisation, il prend des mesures pour survivre, instaurer des contraintes, par exemple par des serments, signant un engagement. Ce groupe est capable de s’organiser, d’instaurer ses propres contraintes, de différencier les rôles, mais il est sujet à retomber dans l’inertie à force de dicter des règles, il peut devenir une fin en soi et non plus un moyen. Sa bureaucratie devient hyper fonctionnelle et peut le tuer.
Le groupe institutionnel est sa troisième et dernière phase: ce groupe a réussi à surmonter toutes les difficultés précédents et peut faire face à toutes les difficultés. Il a survécu à sa phase d’organisation et se renouvelle constamment de façon créative, à travers de nouvelles initiatives et actions.

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