Les niveaux d’observation du groupe

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Il est difficile voire impossible de tout observer, difficile d’opérationaliser; à plusieurs il est difficile de se répartir les taches. Il existe six niveaux d’observation du groupe.

1/ le niveau des interactions verbales
C’est l’approche intéractionniste de Bales. Celle ci se développe dans les années 50s. Elle est la plus connue et la plus utilise, et s’applique aussi bien au groupe naturel qu’artificiel. Elle se centre sur les phénomènes de communication c’est à dire le comportements observables.

Il a fait au préalable de nombreuses enquêtes et observations sur des groupes différents et a cherché à savoir comment fonctionne un groupe pour en retirer un modèle général qui s’applique à différentes situations de groupe. Il s’intéresse à trois points essentiels:
* aux échanges liés à la tâche, et aux échanges d’ordre sociologie-émotionnels, d’une part ;
* aux différentes phases/cycles par lesquels les membres du groupe vont passer ;
* aux différents types d’interaction (demander des informations ou montrer un désaccord etc.) (p.2,3)

2/ le niveau des communications non verbales
La communication ne se limite pas à des échanges de parole, mais passe aussi par des gestes, des mimiques, et différents canaux de communication. C’est ce qu’a développé VonCranach. Il a réalisé beaucoup d’études sur les animaux (abeilles) et en a déduit que les communications non verbales permettent de réguler l’échange.

La communication est un processus actif stimulant le corps par des signes, tels que l’expression faciale, le regard, les postures, les attitudes, les gestes et les mouvements du corps (tête, mains, bras), les signes paralinguistiques (débit, ton, volume, fluidité du discours), la position dans l’espace et son utilisation (proxémique), mais aussi la parure, les vêtements.

Ekman travaille, lui, sur l’expression du visage et met en évidence 6 émotions de base universellement reconnues. Leur production par contre répond à des normes sociales: des règles de manifestation culturelle ont été observées, avec le concours de Friesen, en mettant des individus japonnais et américains devant un film stressant. Filmés à leur insu, on observait des réactions similaires, mais lorsqu’un observateur visible était présent, les japonais montraient très peu leurs sentiments.

Leur fonction est de renforcer, parasiter ou contredire le discours. En cas de contradiction, on a plutôt tendance à se fier au non verbal. Il est supérieur au verbal dans le sens où il peut ête difficilement infirmé. Il est inférieur au verbal dans le sens où il est restreint à l’ici et au maintenant: il prend tout son sens par rapport à une situation et un moment donné. (p.6)

3/ le niveau des affinités et la cohésion du groupe
Moreno a mis en place les technique sociométriques en s’intéressant aux réseaux d’affinités (certains auteurs parlent de cohésion). Psychiatre autrichien, Moreno est à l’origine du psychodrame. Il émigre aux USA en 1925, développe son approche par les jeux de rôles pour essayer d’améliorer les relations aux autres. Il s’intéresse aux jeux d’attraction répulsion entre individus. La sociométrie est à la fois théorique et empirique: chaque groupe social a une structure particulière qui dépend des réseaux A-R qui s’y développent.

A partir d’une trentaine d’enquêtes réalisées auprès d’adolescentes délinquantes, il relie les individus par trois types de relations: la sympathie, l’antipathie ou l’indifférence. Ces relations sont mesurées à partir de questionnaires où chaque membre du groupe doit indiquer qui il choisit ou rejette dans le groupe.

Le questionnaire comporte deux questions:
1/ Avec qui voudriez vous faire telle activité dans le groupe?
2/ Avec qui ne souhaiteriez vous pas vous trouver pour effectuer cette même activité?
Taguir en 53 ajoute deux autres questions permettant de préciser la perception sociométrique:
3/ Par qui pensez vous avoir été choisi?
4/ Par qui pensez vous avoir été rejeté?
Après dépouillement on a un diagramme du groupe représenté en sociogramme. (p.4,5)

4/ le niveau des fonctions du groupe
L’approche Léwinnienne: il s’intéresse aux fonctions que les différents membres du groupe assument, lors de réunions. Le groupe doit être considéré comme un ensemble de personnes interdépendantes, n’est pas une juxtaposition d’individus. Lewin a voulu développer une approche clinique en mettant en place des groupes de diagnostic. Il réalise une expérience de groupe intense dont on pet tirer des connaissances. Le groupe restreint formé se réunit autour d’ure discussion réfléchissant au fonctionnement de leur groupe.

Ce groupe est constitué à partir de 5 caractéristiques essentielles: les membres n’ont pas de relations antérieures, présentent une diversité importante (âge, genre, profession etc.); le nombre optimal de participants est compris entre 8 et 12, et ils ont l’obligation d’échanger, de participer avec une liberté complète sur le contenu des échanges. Enfin, il doit se retrouver avec un nombre relativement important de réunions. Ceci renvoie à des méthodes actives de formation, il constitue un objectif d’analyse des phénomènes qui se passent dans le groupe. (p.11)

Les différentes fonctions prie en compte sont celles remplies par les membres du groupe au cours d’une réunion qui peut être une fonction de production, de facilitation ou de régulation. Ce groupe a pour intérêt de produire du changement via ces groupes, au niveau de la vie et de l’expérience au sein du groupe, de l’analyse des sentiments et comportements perçus, et via les transferts d’apprentissages (application hors du groupe).

5/ le niveau des processus inconscients
Freud a jeté les bases de l’approche psychanalytique du groupe via le mythe oedipien et la horde sauvage, dans totem et tabou. Pour lui, la psychanalyse et la psychologie sociale sont étroitement liées (psychologie collective et analyse du moi): autrui joue le rôle de modèle, d’objet associé ou adversaire. La psychologie individuelle se présente dès le début comme étant en même temps par un certain côté, une psychologie sociale. L’identification à l’objet d’attachement est le ressort fondamental du groupe. (p.11)

L’école anglaise
Bion a approfondi ces processus inconscients dans les groupes. Il voulait adapter les règles de la cure psychanalytique individuelle pour l’application au groupe de thérapie. Il pose le concept de pré-supposé de base: tous es individus s’organisent autour de trois présupposés de base:
* la dépendance: pour Bion, des membres d’un groupe vont se comporter comme s’ils voulaient être protégés par un leader, nourri par lui intellectuellement et affectivement.
* le couplage: il renvoie à un sentiment d’espoir se concrétisant dans un lien de sympathie entre deux individus au sein du groupe.
* l’attaque-fuite: Le groupe e conduit comme s’il était réuni pour lutter contre un danger, attaquer ou fuir un individu ou un évènement.

L’école française
Didier Anzieux, René Kaez, Max Pagès dépassent l’approche individuelle: le groupe est spécifique et on ne peut pas transposer la psychanalyse individuelle directement au groupe.

6/ le niveau des réseaux de communication et la structure du groupe
Le réseau est l’ensemble des possibilités matérielles de communication existant à l’intérieur d’un groupe donné (Abric) La structure est l’organisation des échanges effectivement réalisés et observables. Il note l’intervention et la direction de celles ci avec une matrice des communications (p.8)

Des exemples d’expériences sont dans les années 50s, l’effet Steinzor: le face à face privilégie l’échange. L’expérience de Bavelas et Leavitt montre qu’un réseau centralisé accroit la performance d’un groupe mais diminue le sentiment de liberté, alors qu’un réseau décentralisé favorise la satisfaction des personnes. L’expérience de Moscovici et Faucheux en 1960 montre que la nature de la tâche a une influence sur la structure du groupe. La résolution de problème aura recours à une structure centralisée alors qu’une tâche créative aura plus souvent la faveur d’une structure démocratique. Ces expériences ayant été réalisées en laboratoire, on peut e poser la question de la généralisation et de l’écologie de ces résultats.

La semaine du 2 novembre: présentations de 7-8 minutes sur la grille ou l’outil choisi en cours: comment s’en servir? Quels en sont les intérêts? Quelles en sont les limites? Comment se préparer à l’observation? Comment traiter les résultats?

4 comments

  1. pat Reply

    Bravo et merci !
    Je suis les cours de L3 par correspondance ( SED univ tlse 2) et j’avais du mal à prendre du recul par rapport au cours très théorique de psycho sociale. Tes notes m’ont aéré l’esprit!!!
    Par contre aurais tu des infos à me communiquer sur l’orientation des sujets d’examens: restitution du cours, dissert, commentaires de textes ou d’expériences…
    Le SED s’étant contenté de m’envoyer un polycop sans rien d’autre.

  2. Elia Reply

    Contente de voir que ca t’es utile!
    Pour ce qui est des modalités de contrôle, tu devrais avoir des regroupements à l’université, ca sera le moment idéal pour poser la question directement à un enseignant. Si je me souviens bien j’avais eu une disserte au choix et quelques questions de cours à argumenter en 5 lignes. Cela dit, c’est différent d’une année sur l’autre, mieux vaut te renseigner auprès des profs 😉

  3. PAT Reply

    Merci pour les infos.
    J’avais oublié de préciser: j’habite trop loin (Martinique) pour pouvoir participer aux regroupements…
    Je travaille en en « navigant à vue » n’ayant que peu ou pas d’infos de la part du SED.
    Ton contact m’a été très utile.

  4. Elia Reply

    Dans ce cas, je te conseilles de poster sur le forum/mailing liste interne par formation, tu dois pouvoir y accéder depuis l’ENT. Il y a pas mal de profs qui y vont et répondent aux questions des élèves, sans compter les élèves qui sont sur place.

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