Spécificité du soin psychanalytique de l’enfant

[Total : 0    Moyenne : 0/5]

Spécificité de la consultation avec l’enfant.

L’enfant n’est pas un adulte immature. Il existe un seuil épistémologique et le point de vue adultomorphique est à proscrire. On ne peut pas se baser sur l’adulte pour comprendre l’enfant. Par exemple, l’obsession chez l’enfant n’a rien à voir avec l’adulte obsessionnel, les deux cas ayant une expression, une signification et des conséquences très différentes. En fin de période de latence en particulier, l’obsession fait partie des phases d’apprentissage de nouveaux processus psychiques.

Winnicott affirme qu’il n’existe pas d’enfant tout seul : ce dernier est toujours entouré de soin, qu’il soit fourni par la famille naturelle, d’accueil ou une institution. La consultation d’enfants doit donc prendre en compte son entourage, contrairement au cas d’un adulte qui peut, lui, rompre avec l’environnement. L’enfant n’est donc pas isolé, et est pris dans des relations sociales, que ce soit de gré ou de force (sauf cas exceptionnel).

L’ensemble de la vie psychologique de l’enfant doit être prise en compte, et il faut éviter une perspective déficitaire, ne pas se focaliser sur le symptôme. Celui-ci vient donner forme à une angoisse : il faut appréhender la situation clinique dans son ensemble, considérer les ressources que l’enfant a à sa disposition. Il est primordial de ne pas poser d’étiquette à l’enfant, qui ne saurait au contraire d’un adulte s’en défaire ou attirer l’attention sur un autre aspect du problème. Par exemple, l’hyperactivité est un diagnostic facile, mais l’enfant peut se sentir prescrit à la parole, alors que le problème profond peut venir de tout autre chose (voir le cas étudié en L2) par exemple, une mère trop envahissante qui l’empêche de s’individualiser.

On considère le symptôme comme la gestion d’une angoisse, issu de conflits psychiques, messages voulant être exprimés. Prendre en compte la nécessité du symptôme dans le développement (éventuellement), c’est prendre en considération les bénéfices secondaires qu’il procure. Le symptôme renvoie souvent à une demande. Chez l’enfant, celle-ci émane rarement de lui-même, l’enfant ne sait pas qu’il va mal, ni quelle est sa demande. La demande du psychologue est souvent faite par l’entourage, les parents ou une institution (avec plus ou moins d’assentiment de la part des parents dans ce cas). L’enfant, lui, ne demande rien. Il faut alors évaluer l’intérêt pour l’enfant de la thérapie. Il faut parfois orienter le problème sur la souffrance des parents, selon ce à quoi répond le symptôme chez l’enfant.

L’enfant est le mieux placé pour parler de ses propres soucis, émotions, inquiétudes etc. En terme d’évaluation du comportement ou du symptôme par contre, il est le moins bien placé, en tant qu’il minimise son comportement (par exemple, s’il mange trop peu, l’enfant dira mais j’ai bien mangé quand même, aujourd’hui, quand tout ce qu’il aura avalé sont deux olives.) et les conséquences négatives ou positives de celui-ci. Cela vaut aussi pour son niveau d’agressivité. Il peut par contre expliquer un peu ce qu’il fait, ce qui l’y pousse. Face à l’adolescent ou l’adulte, l’information peut venir directement d’eux, pour l’enfant il faudra vérifier les faits auprès d’adultes, dans une certaine mesure.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *