Une origine de l’erognomie : l’approche hygiéniste du travail

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(1) L’approche hygiéniste
Il s’agit d’une approche très ancienne. Dès l’antiquité, on identifie les effets négatifs du travail sur l’homme. Durant l’empire romain, on met en évidence les coliques de plomb des ouvriers dans les mines de plomb et les déformations vertébrales chez les travailleurs de pierres. Au moyen âge, Armanda de Villeneuve s’intéresse aux conditions de travail et en particulier aux facteurs environnementaux (chaleur, humidité, poussière, toxiques). Ces travaux portent en particulier sur les dérivés, les forgerons, les teinturiers etc.

Au XVIIe siècle, on trouve les premiers écrits/travaux décrivant des maladies professionnelles avec identification des conditions de travail défavorisant. C’est la première mise en lien entre travail et maladie du travail. Ramazini, médecin italien (1633 — 1714) associe une observation du travail à une reconnaissance des pathologies dans plusieurs métiers. Il établit une première classification, et est à l’origine de la médecine du travail. Il identifie entre autres les troubles visuels chez les bijoutiers, et de façon plus générale dans le métier qui exige un de la précision au cours d’un travail sur de petits objets. Il met aussi en évidence les maladies sexuellement transmissibles chez accoucheuse, les éclatements de petits vaisseaux à la gorge chez les chanteurs, les coups de chaleur chez les mineurs.

Dans cette approche, les causes des maladies ne sont pas supprimées, mais Ramazini prescrit des protections individuelles. Par exemple, pour se protéger des poussières, il préconise le port d’un masque de vessies. Il effectue aussi des prescriptions en termes d’hygiène de vie. Par exemple, il conseille aux bijoutiers de lever la tête pour regarder au loin régulièrement, afin de reposer le système d’accommodation convergente (de se reposer les yeux).

Au XIXe siècle, Patissier, médecin de formation lui aussi, dépasse cela en préconisant non plus des protections individuelles mais des protections sur les machines (par exemple les carters sur les meules. Il développe des recherches techniques pour concevoir des machines permettant de remplacer les humains pour les travaux lourds et dangereux.

Villermé, médecin hygiéniste démographe, réalise une enquête importante sur les conditions de travail de la population ouvrière en France, au sein de différentes usines. Cette enquête tenue à une analyse statistique importante, à partir de laquelle il publie le rapport Villermé sur les conditions de vie et de travail ouvrier. Ce rapport fait un état des lieux de l’état physique et moral des ouvriers en France (et en Suisse) à partir d’observations ou d’entretien dans différentes usines de ce pays. L’enquête s’intéresse aux horaires, salaires, tâches, conditions de travail des ouvriers, mais aussi de leurs conditions de vie à travers leur alimentation, leur logement, leur mortalité par classes sociales et par métier. Ce rapport est à l’origine des premières mesures légales de limitation du temps de travail en France.

En 1841, on limite à huit heures par jour la durée maximum de travail pour les enfants de moins de 12 ans, et à 12 heures par jour celle des enfants de 12 à 16 ans. (Sachant que ceux-ci travaillent sept jours sur sept) ont interdit aussi l’embauche d’enfants de moins de huit ans. En 1948, la journée de travail est limitée à 12 heures pour tout le monde. À partir de 1874, l’âge minimum d’embauche devient doux en point ce n’est qu’en 1904 que le repos dominical est instauré.

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