Modèle traditionnel de la mémoire

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La mémoire

II Modèle traditionnel de la mémoire

Atkinson et Shiffirn (68) adoptent la métaphore informatique et parlent en terme de registres de stockage. Il en existe différents. Les registres sensoriels (RIS) stockent une quantité limitée d’information pour un délai très bref, moins d’une seconde. La mémoire à court terme (MCT) est également limitée en capacité et stocke l’information pour un bref laps de temps, mais cependant plus long que le registre sensoriel. La mémoire à long terme (MLT) a une très grande capacité et peut stocker une quantité infinie de données pour une durée illimitée. Le stimulus d’entrée passa d’abord par le registre sensoriel. Le registre lié aux informations visuelles est appelé iconique, celui lié aux infos auditives est dit échoïque. De là, une partie de l’information passa dans l’unité de stockage à court terme dans laquelle sont contrôlés les flux d’informations par des répétitions, un codage, des prises de décision, des stratégies de récupération. Ce registre en en relation directe avec l’unité de stockage à long terme où sont stockées les données de façon permanente. De l’unité de stockage à court terme ressort une réponse.

Les limites de ce modèle sont le stockage du registre sensoriel qui peut se confondre éventuellement avec les mécanismes physiologiques des sens. Le caractère passif du modèle n’est pas compatible avec les théories de décomposition recomposition concernant la perception.

1 / registre sensoriel

a/ capacité du registre visuel.

(Sperling 60) Apres brève présentation de chiffres ou lettres disposés dans un tableau de 4*4, le rappel immédiat donne un résultat proche de 4 items. Si l’on donne un signal sonore différent selon la ligne du tableau à laquelle on désire que le sujet regarde, (son aigu pour celle du haut, grave pour celle du bas, intermédiaire pour celle du milieu), le rappel est de 3 items indépendamment de la ligne où celui-ci est présenté. Pour évaluer la performance du registre visuel l’auteur multiplie le résultat la le nombre de lignes (3) pour obtenir un rappel moyen de 9 items au total qui sont accessibles brièvement depuis le registre sensoriel. Sa capacité est donc évaluée à 9 items, mais le temps où la récupération est possible est limité à 1 seconde.

b/ effacement de contenu.

La mémoire iconique peut être effacée par la présentation successive de 2 lettres avec un écart de 1/10 sec entre les deux. On parle alors de masquage visuel, la lettre F qui précédait la lettre L devient la lettre E lorsque le sujet donne sa réponse. Si le délai s’allonge, on n’obtient souvent plus que la seconde lettre comme réponse et si on l’allonge encore, le sujet pourra nommer les deux lettres.

2/ distinction MCT/MLT

Ebbinghaus étudie l’effet de la position sérielle de récence et de primauté et tente d’étudier les facteurs qui affectent l’un et l’autre de ces effets par dissociation.

Il considère dans un premier temps les éléments de la neurobiologie. HM, épileptique est incapable de faire de nouveaux apprentissages à long terme. KF lui a des problèmes de MCT qui le rendent incapable de répéter des phrases l’homme que le chien a mordu est mort vs l’homme est mord, le chien a mordu.

Ceci interroge sur les distinctions entre MCT et MLT. Comment la MLT peut elle être normale si la MCT est affectée ? Comment expliquer l’effet de récence à long terme (Bjork & Whitten 1974)

3/ Caractéristiques de la MCT.

a/ capacité limite de stockage

la capacité de mémoire immédiate est de 7+/-2 items (on parle de plus en plus souvent de 5+/-2 items). Mais qu’est ce qu’un item lorsque l’on peut retenir aussi bien 5 mots que 5 phrases. Plutôt que d’items on préfère parler de Chunks. Un chunk est une structure unifiée. Le recodage en catégories permet de dépasser les limites de capacité de la MCT.

Le rappel dans l’ordre de chunks est appelé l’empan mnésique.

b/ rapidité de l’oubli

Lors de tâches de rappel, Peterson & Peterson montrent la rapidité de l’oublie, en environ 20 secondes, la performance de rappel libre tombe à 0. Mais cela dépend t il de la durée qui s’écoule ou d’interférences qui s’accumulent. Pour étudier ces facteurs, ils proposent une tâche au cours de laquelle il faut compter à rebours tout en mémorisant une série de chiffres ou réciter l’alphabet alors qu’on essaye de retenir des mots par exemple.

Waugh et Norman manipulent à la fois le temps et l’interférence en faisant varier la position du chiffre témoin dans une liste de 16 chiffres. Le sujet dot rappeler le chiffre qui suit le chiffre témoin. Ce dernier n’est connu de lui qu’après la lecture de la série complète. La durée est manipulée par la cadence de présentation des chiffres.

Avec un délais long, (1 chiffre par seconde), le rappel chute brutalement a mesure que le nombre d’items interférents augmente. Avec un délais plus court (4 chiffres par seconde), on observe la même chose, bien que le nombre de rappel soit légèrement supérieur. L »interférence est donc plus responsable que la disposition des réponses possibles. L’effet des délais au contraire est minime. A plus long terme, on pourrait donc dire qu’un apprentissage distribué est plus efficace qu’un bachotage intense de dernière minute, celui-ci créant possiblement plus d’interférences entre les différents items à apprendre. L’interférence peut être rétroactive ou proactive.

c/ codage du contenu

le codage est il acoustique ? les confusions acoustiques peuvent constituer une preuve de la traduction d’informations visuelles en information verbales, par exemple un F et plus facilement rappelé comme étant un S (acoustique) ou un E (iconique). (autre exemple, C T et O)

1965 : Wickelgren a la même idée. Il observe des confusions gestuelles chez les sourds congénitaux (Shand 82) La traduction est donc fonction du more d’expression.

Tache de Wickens, basée sur la tâche de Brown-Peterson.

Plus il y a d’essais, plus la performance diminue : avec 4 essais successifs, on demande de lire trois mots puis de les rappeler après un comptage à rebours de 18 secondes, les différents essais portent sur des champs sémantiques plus ou moins proches dans un cas (fruits, légumes, fleur, nourriture, professions) contre le même champ sémantique d’un bout l’autre (fruit). On note que plus le champ sémantique suivant est éloigné de celui des fruits, meilleur est le rappel.

Ces résultats pencheraient en faveur d’un encodage sémantique, étant donné que les interférences varient en fonction du degré de proximité des champs lexicaux.

Baddeley considère la MDT comme une extension de la MCT. Il conçoit la MCT comme un système a trois composantes : deux systèmes esclaves et un administrateur central. Les deux esclaves étant la boucle phonologique stockant l’information verbale et le calepin visuo-spacial qui stocke à court terme les informations visuelles par exemple dans le cadre de la conduite automobile.

En leur faveur : les arguments concernant les effets de similitude phonologique et les effets de longueur des mots (expérience avec des noms de pays retenir plus ou moins longs). Pour le second, les perturbations lors de tâches visuelles par le suivi d’items visuels non pertinents (tâche dans laquelle il faut positionner des nombres dans un tableau en fonction de la position d’une étoile.)

L’administrateur central quant à lui a une capacité limitée, son fonctionnement reste nébuleux : il coordonne les informations en provenance des deux systèmes esclaves et fait le lien avec la MLT, tout en gérant l’attention. Il y a peu d’arguments démontrant son existence, éventuellement on let met en cause dans la maladie d’Alzheimer chez les personnes âgées qui sont capables d’effectuer des tâches séparément, mais pas en même temps, sans que la difficulté soit accrue.

1 Comment

  1. Launa Reply

    Bonjour ^^! Tout d’abord : blog gé-nial. Je suis en L2 en psycho, j’ai découvert ton blog en faisant mes fiches : je suis ravie !
    Juste, concernant le paragraphe que j’ai collé plus bas, ça vient peut être de moi, mais j’ai l’impression que y’a quelque chose de pas clair. Concernant qui à fait quoi (XP de confusion acoustique, XP de confusion niveau langage des signes). La formulation prête à confusion : à première lecture on pourrait croire que c’est Wickelgren qui observe la confusion gestuelle chez les sourds congénitaux (sauf erreur de ma part c’est seulement Shand).
    Donc voilou ! en tout cas super blog o/

    le codage est il acoustique ? les confusions acoustiques peuvent constituer une preuve de la traduction d’informations visuelles en information verbales, par exemple un F et plus facilement rappelé comme étant un S (acoustique) ou un E (iconique). (autre exemple, C T et O)

    1965 : Wickelgren a la même idée. Il observe des confusions gestuelles chez les sourds congénitaux (Shand 82) La traduction est donc fonction du more d’expression.

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