Nevrose obsessionnelle

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Névrose obsessionnelle

Il s’agit là d’une régression au stade sadique-anal, soit le second sous stade du stade anal. L’influence sur les défenses de cette fixation est que le refoulement est suppléé par d’autres défenses dont notamment les formations réactionnelles : rituels, pensée magique, annulation (chercher à annuler une mauvaise action que l’on a fait par une bonne par exemple). Etre très ou trop gentil est aussi une caractéristique des personne obsessionnelles, accompagnées de pensées de type « je suis trop bon, je me fais toujours avoir…). Là-dessous se cache une importante agressivité qui ne passe pas la barrière de la censure et est transformée en son contraire (renversement de la pulsion).

Cette névrose s’exprime par des ruminations en une obsessionnalisation de la pensée. On parle d’ailleurs de pensée obsédante. Les rituels servent à s’apaiser pour ne pas se laisser envahir par une pensée. Ainsi le sujet en vient à se dire que s’il ne croise qu’un seul feu rouge lors de son trajet vers le travail sa journée se passera bien. Il peut ainsi en venir à rentrer chez lui et refaire le trajet jusqu’à ce qu’il ne croise qu’un seul feu rouge. C’est une contrainte psychique interne qui s’exerce et la personne lutte contre elle en se raisonnant, tente de se retenir. Elle y cède en fin de compte, mais contre son grès, il y a donc une lutte intérieure face à ça ; on est loin de la belle indifférence hystérique. Plus on y résiste, plus elle devient importante. On considère la pensée obsédante comme pathologique lorsqu’elle occupe plus de 3 ou 4 heures par jour.

Au niveau de l’expression de la personnalité, elles sont caractérisées par le doute à tout sujet, ce qui entraîne des scrupules, quel que soit le choix effectué. Sur le long terme cela amène à ne plus faire de choix du tout, et entraîne une inhibition de l’action. Le conflit psychique ici est caractérisé par des actes ou idées que le sujet ne veut pas avoir, mais ne peut pas empêcher.

Symptomatologie

Ici aussi, un polymorphisme symptomatologique peut être observé. Il n’y a pas deux obsessionnels identiques. Mais très souvent, on a une isolation qui consiste à isoler une pensée ou un comportement doté d’une signification inconsciente, de façon à ce que leur connexion avec d’autres pensées et comportements soit rompue. Normalement, tout est connecté : tout est présent tout le temps, indépendamment de lui, et a un effet sur la vie. Toute représentation entre en résonance avec d’autres. Le mécanisme d’isolation sépare une représentation de son affect et des représentations qui lui sont liées.

Par exemple, le vert est une couleur qui est spontanément associée aux trèfles, à la pelouse, à la chance, à la nature etc. Si le vert est associé à quelque chose d’angoissant, comme la couleur d’une pièce (on voit du vert partout), cette représentation est isolée, mais aussi tout ce qui est en rapport avec elle de ce fait (personnes, lieux etc.) Ca peut être une réflexion qui fait se sentir honteux, comme un évènement traumatique. Cet isolement est perceptible sous forme de pauses dans le déroulement de la pensée. Dans certains cas, on peut observer une substitution de la pensée aux actes. C’est-à-dire qu’on a un refoulement doublé d’une isolation, et on régresse vers la pensée (on n’a donc plus recours a l’activité libre).

On a aussi le contrôle obsédant : vérifications, rangements, collections, accumulations, méticulosité… Le rite obsessionnel est un ensemble d’obsessions compulsives à caractère conjuratoire mis en place pour canaliser l’angoisse. Bien sur, la conjuration ne marche pas, ce qui conduit à devoir recommencer le rituel chaque jour de nouveau. Il s’agit d’une défense inopérante. C’est bien parce que ce type de défense échoue que le sujet, petit à petit, s’enferme dans la seule mentalisation. C’est ce qu’on appelle de la pensée aux actes. Il ne sont plus utilisés parce qu’ils ne marchent pas. Ce type de défense a en fait l’effet inverse de celui qui est escompté.

Origine

Pour qu’il puisse y avoir régression, il faut qu’il y ait fixation de l’enfant au stade sadique anal. L’enfant expérimente le plaisir de l’expulsion, de rétention et la puissance de l’agressivité. Le conflit joue entre les pulsions refoulées et les prémices d’un surmoi particulièrement interdicteur et rigide. Il y a alors une bonne ou mauvaise image : ce qui prévaut est une inversion de la pulsion « j’ai envie de » en la renversant en « je n’ai pas le droit de ». Le déplacement se met aussi en place à ce moment là. La personnalité obsessionnelle est extrêmement liée à ces mécanismes.

L’enfant du stade sadique anal est par essence obsessionnelle. C’est le moment où l’enfant a besoin de rituels pour traverser ses journées. C’est par exemple la grande époque de collections, du rituel du repas et du coucher. Si quelque chose accroche à ce stade là (maladie, peur, parents en déplacement) on peut avoir une fixation partielle (un point d’appel) à ce niveau.

Voir le cas Dora de Freud, ou le cas de l’homme aux rats.

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