Indications et contre indications

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En employant ces termes, nous flirtons avec le registre médical, dans la continuité du désir de la psychologie à appliquer une méthode scientifique. En nous basant là dessus, le choix d’une thérapie devrait dépendre (Huber) des résultats des recherches scientifiques à son sujet, de l’existence d’une technique spécifique pour un trouble donné et des données comparatives de plusieurs techniques si celles ci permettent de traiter un même trouble. Cependant, ce choix est a moduler par les réalités du terrain, ce qui lui confère une dimension créative : en effet, dans la pratique, le praticien a souvent recours a une combinaison d’éléments et de techniques efficaces, adaptées ou aménagées face à la situation de résolution de problème qu’est la confrontation au patient. Celle ci amène à adopter des réponses créatives telles que des stratégies combinatoires, d’analogie ou de dissociation, etc. Le psychothérapeute se situe au confluent d’une position d’artisan et de créateur.

La connotation médicale de ces termes implique la recherche d’une association entre technique et trouble : c’est la recherche de l’application d’une technique pour un trouble donné, dans une démarche scientifique rationalisante. Or, cela peut conduire à des dangers. Par exemple, les TCC se sont avérées très efficaces dans le traitement des TOCs (75% de réussite), mais une orientation systématique vers ce type d’approche reviendrait à négliger l’erreur clinique, et les 25% de sujets répondant moins bien à cette pratique. De plus, la combinaison entre les TCC avec l’emploi d’antidépresseurs s’avère extrêmement efficace.

L’utilisation d’arbres décisionnels froids remet en question la singularité du sujet et l’approche du sujet supposé savoir de la psychologie, amenant éventuellement à négliger la dynamique tranférencielle, et permettant à un praticien mécaniciste de projeter confortablement l’échec d’une démarche sur le patient. Malheureusement, si cela protège l’ego do thérapeute, cela se afit au dépends du sujet souffrant qu’est le patient.

Il est aussi des questions obsolètes qui persistent. C’est notamment le cas de l’interférence de stéréotypes dans la perception du patient. Un psychothérapeute aura tout intérêt à confronter cette représentation, car si la réussite d’une thérapie est légèrement corrélée à l’éducation et la scolarité du patient, il doit garder à l’esprit que l’âge, la classe sociale, ou la catégorisation YARVIS (jeune, attrayant, riche, verbalement doué, intelligent et accompli professionnellement) ou HOUND (casanier, vieux, sans succès, verbalement et intellectuellement peu doué) ne doit pas interférer dans les décisions du thérapeute.

Ceci est décrit dans le cours de façon très engagée et ironique, comme mécanisme de défense du praticien. sans aller jsqu’à cet extrême, des stéréotypes (type, ce qui est beaux est bon) s’avèrent opérationnels dans nombre de situations cliniques.

Il faut cependant prendre en compte les capacités du sujet à être en contact avec lui même, c’est à dire son ouverture à ses propres sentiments, sa capacité à verbaliser et sa potentialité à ressentir et exprimer ses affects, dans le choix d’une thérapeutique. par exemple, les patients externalisateurs (privilégiant des causalités externes à sa situation) répondent mieux aux psychothérapies directives, et inversement pour les internalisateurs.

Côté praticien, il faut prendre en compte son appartenance à une école théorique, son expérience et compétence, son engagement dans la thérapie et son éventuel trajet didactique.

Enfin, la gravité du trouble ne doit pas être sous estimée, et il ne faut pas négliger l’intégrité du corps bio-physiologique du sujet dans sa prise en charge. L’approche holiste prend ici tout son sens, et cela montre bien l’intérêt d’effectuer un travail psychothérapeutique au sein d’une équipe ou d’un réseau (pluridisciplinaire).

Il faut souligner qu’il est difficile de mettre en évidence des contre indications, la place irréductiblement singulière de l’inter action patient-thérapeute, et donc poser la question en ces termes (de G.L.Paul) :
Quel traitement, par quel thérapeute, est le plus efficace pour quel sujet, dans quel problème, dans quelles circonstances, et comment?

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