Le champ dynamique du groupe de Lewin est divisé en sous systèmes de tension caractérisant l’inter-dépendance des individus

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La notion d’interdépendance est centrale dans le champ dynamique du groupe Lewinien.

Les composants du champ du groupe sont ses membres. Les membres sont envisagés comme autant de champs individuels, mais aussi les rôles, les normes, les valeurs, les activités du groupe.

Le groupe est composé de quatre sous systèmes

Le sous-système des tensions

Le sous-système des tensions se découpe en tensions positives et négatives. Les tensions positives poussent le groupe à la progression dans le sens de l’objectif. Les tensions négatives réfèrent plutôt au fonctionnement relationnel et affectif du groupe, plutôt qu’à l’atteinte de l’objectif commun. Ces tensions comprennent le jeu d’affectivité et d’obstacles en rapport.

Sources de tension négatives dans le groupe

Il existe quatre sources de tensions négatives potentielles : les relations interpersonnelles (affinités, hiérarchie), la relation affective plus ou moins fantasmatique et ambiguë que le groupe entretient avec son objectif (et qui réunit les membres) par le fait que son atteinte peut représenter la mort du groupe ; l’existence dans le champ de régions inégalement privilégiées par les différents membres.

Le but que se donnent les groupes sont différemment investis en fonction des différences entre les buts individuels et collectifs. Les membres se retrouvent plus ou moins dans les buts collectifs. Il peut y avoir des accords à leur sujet. De même, il peut y avoir des accords sur les moyens d’atteindre les objectifs. Pour Lewin, la dynamique du groupe est commandée par la nécessité de résoudre ces deux types de tensions. À cette fin, le groupe mobilise les énergies.

Le sous-système des énergies

Le second sous système est le sous système des énergies. Comme tous les systèmes, le groupe a une énergie théorique ou totale constitutive le caractérisant à un moment donné de son évolution. Cette énergie totale dépend de ses composantes et des ressources fournies par l’environnement. L’énergie totale se compose de l’énergie disponible de l’énergie latente.

L’énergie disponible

L’énergie disponible/mobilisée dépend de la valeur de l’objectif et les conditions d’ambiance. La valençay ce qui accroît les forces de progression vers l’objectif. Cette valence est d’autant plus positive que l’objectif présentera certaines caractéristiques, tels que la clarté de l’objectif, sa pertinence, la possibilité de l’attendre, la relevant se de ses attributs par rapport aux capacités du groupe.

L’acceptation de l’objectif aussi confère davantage valences positives, notamment s’il est choisi plutôt qu’imposé. C’est d’autant plus le cas que l’objectif est corrélé avec les buts individuels. L’énergie disponible va être utilisée pour résoudre/réduire le système de tensions.

L’énergie disponible de progression est utilisée pour résoudre le système de tensions positives.

L’énergie de conservation ou d’entretien est utilisée pour résoudre les tensions négatives et pour maintenir la cohésion du groupe et son moral. Le rôle en particulier de l’animateur consiste en la gestion de ces différentes énergies à travers des fonctions.

L’énergie latente

L’énergie latente est l’énergie qui pourrait être mobilisée. Elle est potentiellement présente mais se traduit par des attitudes de retrait, des désinvestissements, des comportements d’attente.

Le sous-système des fonctions

Le sous système des fonctions du ne permet d’alimenter et de réguler les différentes synergies par des fonctions vitales pour le groupe. La fonction de progression/progression renvoie directement à une intervention portant sur la poursuite de l’objectif. La fonction de facilitation ou de gestion est remplie par des interventions portant sur la méthode. La fonction de régulation porte sur le lien social et la cohésion du groupe. Il renvoie à des contributions visant à conserver un climat relationnel et un moral satisfaisant au sein du groupe. Elle utilise l’énergie de conservation. Souvent des participants contribuent à telle ou telle fonction, pas seulement l’animateur.

Le sous-système des activités

Enfin, le sous système des activités distingue les procédures et les processus. Les procédures sont les activités exprimant les tensions positives et permettent la progression vers l’objectif. Les processus expriment les tensions négatives qui peuvent s’exprimer à travers des rivalités, de la mauvaise volonté etc. tout comportement se lit dans ces deux composantes en termes de procédure ou de processus.

Cela renvoie au modèle systémique de Palo Alto qui distingue deux niveaux de la communication : le niveau du contenu et le niveau relationnel. Il faut apprendre à métacommuniquer pour pouvoir analyser ces deux niveaux. Dans les groupes aussi il y a deux niveaux.

L’essence du groupe réside dans l’interdépendance de ses membres

Lewin met l’accent sur le fait que l’essence d’un groupe ne réside pas dans la similitude ou la descendance de ses membres, mais dans leur interdépendance. On peut donc considérer un groupe commun tout dynamique, c’est-à-dire un changement dans une quelconque de ses parties charge l’état de toutes les autres sous parties. C’est ce dont Lewin peut apporter la preuve de façon expérimentale lorsqu’il réalise son expérience sur le style de leadership avec White et Lipitt.

 

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