Classification pragmatique en 5 niveaux des psychothérapies selon Chambon et Marie-Lardine

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Pour une classification pragmatique, on serait tenté de réaliser une classification globalisante des thérapies. On s’appuierai sur ses moyens, objets, fonctions, et buts (Moro et Lachal). Cette approche négligerait des éléments constitutifs importants. Par example, on passerait à côté du processus relationnel engagé, du degré de formalité du contrat, de l’aspect contenant du cadre… Le processus de changement sollicité et engagé serait aussi négligé. Olivier Chambon et Michel Marie-Lardine distinguent 5 niveaux de psychothérapies.

Le niveau 1 ou aide psychologique de la vie courante

L’aide psychologique est un soutien apporté par les relations humaines. Il prend place en dehors d’un cadre thérapeutique.

Le niveau 2 ou attitudes psychothérapiques ou psychologie médicale »

Le niveau 2 est un processus relationnel dans un cadre spécifique. Son but est cependant autre que le soin psychique. La place des effets psychologiques n’est pas centrale, ni nécessairement explicitée. Elle prend place dans l’incitation à l’observance de l’ordonnance. Elle peut découler de l’institution d’un effet placébo par le médecin par exemple. Ces attitudes concernent différents acteurs. Enseignants, avocats, infirmières et assistantes sociales peuvent tenir ces attitudes.

Le niveau 3 ou psychothérapies spécifiques ou systématisées

Les psycho-thérapies spécifiques sont classées selon le critères habituels d’auteurs. Elles se basent sur des références théoriques et des mode de communication pré-définis. La durée, forme, et nombre de participants peuvent varier. On divise ce niveau en deux extrêmes d’un même continuum, pour en distinguer l’ensemble.

Le niveau 3a correspond au counselling.

Le counselling s’adresse à des clients jouissant d’une expérience de soi non pathologique. Ils traitent des problemes comportementaux de nature principalement instrumentale, relevant de l’actualité. La demande posée est concrète et claire. Le but du thérapeute sera d’y répondre. Pour ce faire, il fera acquérir au sujet des savoirs, aptitudes. Le sujet améliorera ainsi ses capacités adaptatives.

Le niveau 3b, celui de la psychothérapie proprement dite

La psychothérapie traite des clients à l’expérience de soi gravement perturbé. Ces personnes présentent des comportements problématiques de nature affective et personnelle, relevant du développement. La demande est plus complexe. La pychothérapie intervient lorsque l’aide éducative ne suffit plus. Elle centre  son travail sur les résistances du sujet. Elle tente de les dénouer avec une logique spécifique, comme l’asociation libre, la connotation positive. L’injonction paradoxale, la réactivation intentionnelle de la crise sont aussi utilisées…

Le niveau 4, ou psychothérapies intégratives et éclectiques

Ces psychothérapies s’étayent sur des recherches révélant des facteurs communs (30%) et des facteurs spécifiques (15%) dans les effets des thérapies. L’alliance aidante est le principal indicateur de réussite d’une technique. Ces psychothérapies font preuve d’éclectisme au niveau technique. Elles associent différentes techniques en parallèle ou successivement.

Le courant de l’intégration théorique met l’accent sur l’intégration des différentes théories sous-jascentes : « L’éclectisme technique amène a composer un menu avec divers plats. L’intégration théorique conduit à réaliser un nouveau plat avec différents ingrédients » (Nocross 1998)

Ce niveau se traduit par exemple par l’émergence de thérapies intégratives brèves. Les thérapies cognitivo-analytiques en font partie. Elles reprennent le principe d’une collaboration active et explicite des TCC pour modifier les conduites dys-fonctionnelles. Elles empruntent les notions d’inconscient et de transfert à la psychanalyse.

Le niveau 5 ou thérapies institutionnelles se divise en trois types.

L’hospitalisation constitue le type I. Le type II fait référence aux psychothérapies d’ambiance ou de milieu. Elles se déroulent sans intervention spécifique et dans des références théoriques diversifiées. Le type III correspond aux psychothérapies pratiquées dans l’institution. Elles sont dispensée de manière autonome. Parfois, elles sont sans lien avec la dynamique institutionnelle. Parfois, elles sont en interaction avec les autres démarches.

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